[Critique] Alien : Covenant de Ridley Scott

[Critique] Alien : Covenant de Ridley Scott

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En 1979, Ridley Scott, cinéaste en herbe de 49 ans qui n’a pour l’heure réalisé qu’un seul film (« Les Duellistes » avec Harvey Keitel), va sans le savoir marquer à jamais le 7e Art avec son nouveau long-métrage. Son nom : « Alien, le huitième passager », huis-clos horrifique qui permet aux spectateurs du monde entier de faire la connaissance d’une créature sanguinaire désormais incontournable, le Xénomorphe. Trente-huit années plus tard, il continue de tisser la toile de la mythologie d’une oeuvre qu’il ne semble pas prêt à laisser tranquille. Quitte à lui faire perdre tout intérêt aux yeux du public…

Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore vierge. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper.

« Alien : Covenant », des idées intéressantes sabotées par un trop plein d’action brouillon

Contrairement à la majorité des avis, nous avions passé un agréable moment devant « Prometheus », fable horrifique centrée sur la genèse de la naissance du Xénomorphe. Du pain béni pour Ridley Scott, libre de nous emmener là où bon lui semble, tout en disséminant suffisamment des clins d’œil dans sa narration pour sustenter les fans de la première heure. Pari amplement réussi à nos yeux. Cinq années plus tard, le voilà de retour avec « Alien : Covenant », suite directe de « Prometheus » qui se déroule 10 ans après les mésaventures de Elizabeth Shaw (Noomi Rapace) et l’androïde David, brillamment incarné par Michael Fassbender. Que le massacre (re)commence !

Vaisseau truffé de chair fraîche et une planète infestée de gènes mutants. Pas de doute possible, nous sommes bien face à un énième film Alien. La mécanique reste la même, quitte à sentir le réchauffé. Mais très sincèrement, si le divertissement est au rendez-vous et que le scénario tient un minimum la route, peu importe. Nous sommes là pour poursuivre l’aventure aux côtés des Ingénieurs et, si possible, sursauter deux trois fois. Malgré plein de bonnes intentions, c’est raté pour être terrifié devant l’écran de cinéma… La raison ? Une surenchère de gore et de séquences (en théorie) chocs qui finissent par perdre en légitimité et en efficacité sur la longueur. Et deviennent parfois grotesques. Comme cet affrontement sur le toit d’un vaisseau et la naissance d’un alien du ventre d’un des protagonistes principaux. A défaut de frémir, nous avons au moins beaucoup ri…

Une mythologie qui manque (pour l’instant) de profondeur

Si on fait fi de cette grosse déception du côté de l’horreur et de la présence totalement surfaite des créatures sanguinaires, que reste-t-il à se mettre sous la dent avec cet « Alien : Covenant » ? Une mise en scène sublime (la séquence d’ouverture avec David et son créateur est exceptionnellement belle) et, plus important encore, un scénario qui laisse présager un final d’anthologie. A condition de savoir où l’on va. C’est le risque avec une franchise qui semble vouloir faire un peu trop durer le plaisir. Quitte à broder autour d’un scénario déjà pensé dans son intégralité (c’est notre conviction) auquel viennent se greffer des brides d’action et de séquences gores pas toujours légitimes. Un coup de poker périlleux certes, mais faisons confiance à Ridley Scott pour rester lucide jusqu’au dernier épisode de la franchise horrifique.

En résumé, « Alien : Covenant » c’est des défauts et des maladresses à la pelle, mais un charme de dingue et la présence une nouvelle fois envoûtante de l’androïde David, toujours incarné à la perfection par Michael Fassbender.

COMMENTAIRES

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    Pour ma part je trouve que la série des Aliens, dont certains peuvent être regardés indépendamment des autres, suit bien les époques. La nouvelle génération n’apprécie pas plus que ça l’Alien 79 alors que la version 2017 est à leur goût.