[Critique] De toutes mes forces de Chad Chenouga

[Critique] De toutes mes forces de Chad Chenouga

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En 2015, la cinéaste Emmanuelle Bercot nous bouleverse avec « La Tête Haute », drame vibrant centré sur les déboires de Malony, jeune homme consumé par un besoin d’auto-destruction tenace, incarné à la perfection par le méconnu Rod Paradot. Deux années plus tard, c’est au tour du réalisateur Chad Chenouga de nous plonger dans le quotidien de ces enfants malmenés par la vie, placés en foyer d’accueil. Encore une fois, le sujet nous touche en plein coeur.

Nassim est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer. Malgré la bienveillance de la directrice, il refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre. Tel un funambule, Nassim navigue entre ses deux vies, qui ne doivent à aucun prix se rencontrer…

« De toutes mes forces » évite sciemment les discours moralisateurs et larmoyants au profit de beaux et longs silences lourds de conséquence. Bon choix.

En positionnant sa caméra au plus près des visages pour capter la moindre once d’humanité, Chad Chenouga fait ici le choix du cinéma-vérité. Celui-là même qui nous avait tant déstabilisés dans des films comme « Entre les murs », « Primaire » ou plus récemment « Patients » de Grand Corps Malade. Durant un peu plus de 90 minutes, on découvre le quotidien de Nassim, jeune homme brutalisé par une vie qui ne semble pas prête à lui accorder le moindre répit. Mais également celui des personnes qui gravitent autour de lui. Il y Kévin, le caïd asiatique aussi énervant qu’attendrissant ; Madame Cousin, éducatrice sévère et sentimentale interprétée par une Yolande Moreau débordante d’humanité ; ou encore Zawady, jeune femme tenace qui tente de changer le cours de son destin grâce aux études, superbement incarnée par une actrice qui nous avait déjà profondément touchés dans « Divines », Jisca Kalvanda. Toutes ces âmes, écorchées à leur manière, se rencontrent, s’aiment et se détestent, s’apprivoisent et se serrent les coudes face aux aléas de cette chienne de vie. C’est beau, plein d’espoir et passionnément humain.

« De toutes mes forces », un récit poignant, magnifié par une mise en scène d’une élégante sobriété et un casting qui a du chien.

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