[Critique] Fast and Furious 8 de F. Gary Gray

[Critique] Fast and Furious 8 de F. Gary Gray

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Après le très réussi biopic « N.W.A – Straight Outta Compton », le réalisateur F. Gary Gray revient au cinéma avec le huitième film de la franchise désormais culte « Fast and Furious ». Et là, c’est le drame. Alors qu’on  s’attendait à un long-métrage dans la lignée des volets précédents (scénario creux mais cascades de folie, acteurs qui en font des tonnes mais ultra-sympathiques…), on se retrouve face à une série b indigeste, écrite avec les pieds et réalisée à 99% sur fond vert. L’épisode de trop qui pourrait bien annoncer le déclin de la saga.

En pleine lune de miel à Cuba avec Letty, Dom fait une rencontre qui va le pousser à trahir les siens. Désormais pieds et poings liés à une certaine Cipher, il renoue avec ses vieux démons et multiplie les méfaits. De son côté, la team de joyeux lurons qui l’accompagne généralement se lance à sa poursuite, accompagnée pour l’occasion d’anciens ennemis.

Quand c’est trop, c’est Tropico !

On ne va pas se mentir, hormis le premier film de Rob Cohen (calqué sur le scénario de « Point Break »), les intrigues des « Fast and Furious » ne nous ont jamais laissés sur le postérieur. C’est stéréotype sur stéréotype, niaiserieland et patriotisme à gogo. En revanche, côté action, plus les années s’accumulaient au compteur et plus la saga gagnait en intensité. Le point culminant étant, pour notre part, atteint lors du cinquième volet situé au Brésil. Englués dans ce piège dressé par les producteurs et le public qui les oblige à aller toujours plus loin dans le délire, les volets 6 et 7 laissaient apparaître les limites d’un exercice de style uniquement basé sur la surenchère permanente d’action. Et alors que l’annonce d’un cinéaste old school comme F. Gary Gray aux commandes de ce huitième film fleurait bon le retour à une narration plus terre à terre et moins tape à l’œil, c’est tout le contraire qui se produit à l’écran.

Durant plus de deux heures, Vin Diesel, Charlize Theron et tous les autres membres du casting enchaînent les séquences sans queue ni tête, composées de coupures toutes plus atroces les unes que les autres qui cassent le rythme. Et que dire des dialogues, d’une beauferie extrême, encore plus malaisants (et nettement moins drôles !) que ceux écrits pour les besoins d’un nanar avec Chuck Norris. Oui, on le sait, ces propos sont durs. Mais malheureusement mérités… Et pourtant, Dieu sait que nous sommes des aficionados de la franchise. Mais là, hormis la séquence d’ouverture à Cuba plutôt fun, la coupe est pleine. Même les cascades, d’habitude si jouissives, sont ratées pour les 3/4. La faute à une utilisation outrancière du fond vert qui finit, fallait-il en douter, par se voir. Et nous gâcher le plaisir… C’est ça de vouloir faire émerger un sous-marin, effectuer des courses-poursuites avec des centaines de véhicules à l’écran ou encore de protéger un personnage poursuivi par un missile à tête chercheuse en faisant bouclier avec des bolides, ça finit par devenir ridicule. Pour être franc, devant tant de ratés et de lourdeurs, on s’attendait presque à voir Vin Diesel terrasser ses ennemis en faisant l’hélicoptère avec sa BIIIIIP…

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