« La logique des femmes », ou l’humour impertinent au service de la paix des genres

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Un vent de folie douce souffle cet été au Théâtre Les Feux de la Rampe avec « La Logique des femmes ». Un spectacle surprenant, hilarant, servi par un texte aussi riche que piquant !

« Les hommes, c’est le désespoir des femmes. »

Lendemain de soirée. Lola baille dans son pyjama « body ». Elle marche péniblement, se gratte les fesses, le cheveu hirsute. Elle tombe sur un moine en soutane…tranquillement installé dans son salon ! Manifestement la soirée de la veille a été rude. Lola, l’éternelle célibataire, est rentrée chez elle à 4h12 du matin, complètement soûle…sur le dos du curé. Frère Tuck prend ses quartiers dans l’appartement d’une Lola charmante, hyper-active. L’étrange moine-psy interroge Lola et manie la bible comme bon lui semble. Et bientôt la conversation dérape sur le fil de la religion, du sexe, de l’amour.

« Les femmes c’est comme le FISQ, c’est curieux. »

De blasphèmes en jeux de mots récréatifs et hurlements de rire, se dessine une vraie réflexion sur les genres et le célibat omniprésent dans notre société capitaliste urbaine. C’est la veille de notre départ pour Avignon, que nous découvrons cette nouvelle comédie au charme insolant. On raffole des beaux décors, et du jeu très physique du duo de comédiens. Dominique-Pierre Devers est formidable dans ce rôle à la Frère Tuck dans « Robin des Bois ». Son interprétation allie puissance, spontanéité et fraicheur. C’est tellement bien joué qu’on ne voit jamais les ficelles. De son côté, Virginie Stevenoot pétille d’énergie dans ce rôle de quarantenaire adolescente survoltée. Seul bémol : son jeu énergique, parfois un peu poussif, gagnerait à être nuancé. Finalement, on ne sait plus qui de Lola, Frère Tuck ou le public devrait faire l’objet d’une » étude de cohérence ». Nos actes quotidiens sont-ils logiques ? La logique de qui ? C’est un grand bonheur d’observer le mécanisme des sentiments humains complètement illogiques, dans cette comédie très psychologique. Surtout ne ratez pas le feu d’artifice verbal final !

« Il y a trois mystères impossible à percer : le flux et le reflux des marées, le mécanisme social des abeilles…et la logique des femmes ! »

Auteur : Antoine Beauville

Artistes : Virginie Stevenoot, Dominique-Pierre Devers

Metteur en scène : Carole Barbier

Informations pratiques : « La logique des femmes » se joue au Théâtre Les Feux de la Rampe jusqu’au 16 septembre, du mercredi au samedi à 20h00. 2 Rue Saulnier dans le neuvième arrondissement de Paris. Une salle climatisée ultra confortable, pour une comédie qui a du mordant !

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