[Critique Cinéma] Toril avec Vincent Rottiers

[Critique Cinéma] Toril avec Vincent Rottiers

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Affiche et critique du film TORIL avec Vincent RottiersRetenez bien ce nom : Laurent Teyssier. Avec « Toril », le réalisateur français signe un premier film coup de poing, un thriller brut de décoffrage qui possède la hargne et la sauvagerie d’un cinéma que nous pensions exclusif à nos compères belges. La claque n’en est que plus belle.

Dans un ville du Sud de la France, Jean-Jacques, agriculteur depuis qu’il a l’âge de tenir sur ses deux jambes, croule sous les dettes. Pour ne rien arranger, la récolte de cette année est désastreuse. A deux doigts de perdre l’entrepôt familial légué de père en fils, il commet l’irréparable. Mais se rate… Pour l’aider à redresser la pente et éponger une partie de ses dettes, son plus jeune fils, Philippe, décide de s’associer avec le trafiquant de drogues de la région.

« Toril », une histoire d’hommes obligés de sortir les crocs

Sur fond de crise sociale, Laurent Teyssier dresse le portrait d’hommes acculés de toutes parts tel le taureau dans l’arène lors de la sublime séquence d’ouverture. Pris à la gorge mais passionnés. Passionnés au point de tout risquer pour ne rien perdre. Pas même la plus petite parcelle de terre. Leur terre, qu’ils cultivent et chérissent depuis des années. C’est leur combat que Laurent Tyssier nous dévoile. La lutte d’une France genou à terre qui résiste pour ne pas ployer sous le poids des Puissants. Le reste de « Toril » n’est qu’un exercice de style parfaitement exécuté.

La mise en scène de Laurent Tyssier s’inspire des plus grands. Un peu trop diront certains. Juste ce qu’il faut de notre point de vue. Les images au ralenti et les plans au près des visages nous embarquent dans une atmosphère où la tension et l’onirisme cohabitent en toute harmonie. Quant au casting, si on laisse de côté Sabrina Ouazani, seul véritable bémol avec un personnage qui manque de profondeur et dont on n’arrive jamais à s’enticher, il est tout simplement parfait. Comme d’accoutumée, Vincent Rottier dévore l’écran avec cette présence animale qui lui est propre. Bernard Blancan (le père) et Tim Seyfi (le trafiquant) captivent tout autant avec une émotion à fleur de peau pour le premier et une bestialité crue pour l’autre.

L’ensemble est délicatement enrobé par une bande-son délirante. Un mélange d’électro et de sons tribaux qui colle parfaitement avec l’ambiance crépusculaire de « Toril » qui rappelle par moments les plus beaux néo-westerns.

Critique du film de Laurent Teyssier TORIL avec l'acteur Vincent Rottiers

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