« Notre besoin de consolation est impossible à rassasier », le désespoir trône au Théâtre de Nesle

« Notre besoin de consolation est impossible à rassasier », le désespoir trône au Théâtre de Nesle

« Provisoire(s) », l’écriture de plateau sur l’autre réalité du phénomène migratoire
Un « Hôtel des deux mondes » esthétique et lyrique
« Le regard de l’autre », comme un feel-good movie yankee, rafraîchissant et hilarant (Critique et rencontre)

C’est dans le cadre de la 3ème édition du Festival 789 que nous découvrons ce spectacle pluridisciplinaire d’après le texte de Stig Dagerman, porté par la Cie l’équipage de l’Antilope. Sur le plateau, un peintre, deux musiciens et deux comédiens expriment leur art. Un spectacle inventif, qui nous perd dans sa noirceur.

« Chaque jour n’est qu’une trêve entre deux nuits » – Stig Dagerman.

Après démarrage abrupt, la musique inquiétante joue de contrastes avec de belles peintures crées en « live ». Passé un premier moment de « consolation », les comédiens font un peu trop la tronche à notre goût. Certes, devant ces mines d’enterrement la peinture de ses couleurs chaudes provoque un contraste agréable. Le texte puissant vient prouver à l’aide de démonstrations audacieuses, l’absurdité de la vie et la solitude de l’homme pour qui « la liberté n’existe pas ». Ce texte est difficile à écouter. « La dépression est une poupée russe. »  écrivait Dagerman. « Le suicide est la seule preuve de la liberté humaine » précisait-il. Heureusement, dans ce concert de sentiments discordants, la musique ne se fait jamais écrasante mais plutôt relaxante. L’attention du public s’en trouve favorisée. On aimerait qu’un de ces trois comédiens-corbeaux fasse un pas de côté. Respirer un peu avec nous, hors de ce nuage noir « fardeau du temps ». Nos pensées dérivent à la recherche de l’espoir perdu, tandis que le texte dépouillé déroule en rythme sa pelote de triste fatalité.

La peinture vient « figer cette liberté » que les mots nous refusent.

Finalement, c’est le jeu des comédiens qui nous dérange. Ce texte assourdissant. La musique et la peinture, jamais dissonantes, nous saisissent dans le ballet de nos pensées. Justement, la Cie l’équipage de l’Antilope souhaite « laisser l’imaginaire du spectateur libre ».  10 jours de résidence ont permis de faire émerger cette proposition créative, portrait de la chute de l’homme dans le désespoir.

« Le sentiment contenu dans une phrase s’étire et devient musique, peinture. Les arts s’entremêlent, se répondent et se coupent, cherchant à extraire la moelle de ce texte qui vibre de toute la puissance d’une existence qui cherche désespérément à vivre. » explique le metteur en scène Pierre Alfred Eberhard.

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