[Critique] Battle of the sexes de Jonathan Dayton et Valerie Faris

[Critique] Battle of the sexes de Jonathan Dayton et Valerie Faris

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Depuis plusieurs semaines, les sujets concernant l’égalité homme-femme, le machisme et la nécessité d’une société patriarcale sont au coeur des conversations. C’est dans ce contexte qu’est sorti dans les salles Battle of the sexes, oeuvre qui revient sur l’un des événements sportifs les plus étonnants du XXème siècle. Sans être transcendant, le film se contente de raconter le véritable combat de Billie Jean King, personnage fort et intriguant magnifiquement interprété par Emma Stone. Un récit intéressant qui mérite d’être vu.

Beaucoup plus que l’égalité homme-femme

En 1972, Billie Jean King, une championne de tennis, remporte trois titres du Grand Chelem. Révoltée par les inégalités homme-femme de son milieu sportif, la jeune femme s’engage à mener une lutte contre le sexisme. En parallèle, Bobby Riggs, ancien numéro 1 mondial, s’emmerde copieusement depuis qu’il n’est plus sur les courts. Misogyne et surtout très provocateur, il met Billie Jean au défi de le battre en match simple. La jeune femme refuse d’abord puis finit par accepter…

Jonathan Dayton et Valerie Faris, réalisateurs de Little Miss Sunshine, racontent avec beaucoup de légèreté et d’humour le contexte autour de ce match. On y comprend rapidement que chacun des deux personnages principaux a ses propres démons à vaincre et qu’il ne s’agit pas seulement d’une histoire de tennis ou d’égalité salariale entre hommes et femmes.

Billie Jean connait en effet son premier amour avec une femme alors que Bobby est au bord du divorce, sa femme ne supportant plus son penchant pour les jeux d’argent. Tous les deux sont perdus, isolés, acculés et veulent à tout prix remporter ce match. On est alors davantage happé par l’histoire de ces deux personnages que pour le récit. Emma Stone et Steve Carell ne sortent pas de leur zone de confort mais restent exceptionnels : elle dans un rôle de femme forte et paumée et lui dans celui d’une grande gueule drôle et attendrissante. C’est peut-être cela le problème…

Une histoire sans reliefs

En voulant tout raconter, le duo de réalisateurs se perd entre les deux personnages. Absence de rythme, scènes trop longues, contexte prémâché : tout sonne faux. Même si on arrive facilement à se prendre d’affection pour les personnages, on a du mal à trouver des éléments de tension qui feraient qu’on s’attache à l’histoire. On se fiche un peu du match et de son issue. Notre attention est dispersée entre les deux personnages.

On aurait préféré que la vie de Billie Jean King soit vraiment présentée, on aurait voulu connaître ses combats, sa vie après ce match. Or, on n’en apprend pas beaucoup plus à la fin et on est obligé de combler ce manque d’informations en se ruant sur sa page Wikipédia. Avec une Emma Stone au top et un personnage aussi riche, Dayton et Faris auraient pu exploiter la vie de la championne à travers le prisme du biopic. Battle of the sexes pâtit de ces choix trop académiques où on nous raconte l’histoire en nous prenant par la main et en détaillant tout chronologiquement, sans réelle touche personnelle.

Le film est trop lisse pour marquer nos esprits et même si les performances de son duo d’acteurs sont formidables, cela ne suffit pas. On est loin de l’humanité tendre de Little Miss Sunshine ou d’un film qui aurait pu être encore davantage engagé. Ce qui aurait pu faire davantage écho à l’actualité. Battle of the sexes est un bon film… pour les Oscars de meilleur acteur ou meilleur actrice. Mais c’est tout.

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