[Critique] Black Panther de Ryan Coogler

[Critique] Black Panther de Ryan Coogler

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Après l’excellent Captain America : Civil War, Black Panther débarque au cinéma dans une aventure solo qui s’annonçait spectaculaire. Du moins sur le papier. Qu’en est-il à l’écran ? Marvel se raccroche-t-il à nouveau à ses vieux démons – histoire creuse, dialogues indigestes, séquences d’action brouillonnes – ou poursuit-il dans cet univers sombre qui lui sied à merveille ? Disons-le clairement, le super-héros du Wakanda se retrouve, pardonnez-nous l’expression, le cul entre deux chaises.

Le scénario du film Black Panther

Après la mort de son père dans Captain America : Civil War, T’Challa rentre au Wakanda. Pour se ressourcer et accessoirement prendre la place du padre sur le trône de ce pays africain imaginaire riche en vibranium, un métal unique et convoité conférant à la petite nation une avancée technologique unique. Mais avec le retour d’un vieil ennemi, et d’un nouvel adversaire inattendu, le repos du guerrier légendaire est de courte durée…

Black Panther, un film Marvel visuellement époustouflant

Dès les premières images, on en prend plein les mirettes. Les séquences qui défilent devant nos yeux sont magnifiques. Avec des paysages à couper le souffle, le Wakanda rend hommage à ce somptueux continent qu’est l’Afrique. Le constat reste le même dès que l’aventure s’envole vers les States et en Corée du Sud. L’architecture des bâtiments est sublime et les couleurs sont tout bonnement hypnotiques. L’ensemble est fièrement épaulé par une bande-son entre musique africaine, électro et rap délicieuse et des costumes superbes.

Quant à l’action, elle est d’une fluidité renversante. Notamment lors d’une course-poursuite aussi drôle que palpitante dans les rues de Busan, en Corée du Sud. Même constat durant un affrontement avec des rhinocéros et pendant les affrontements pour le trône du Wakanda : c’est dynamique, beau, saisissant.

Des personnages en demi-teinte, véritable point noir de Black Panther

Puis, malgré cette effusion de bons points, vient le temps de s’attarder sur les protagonistes du film Marvel. C’est à ce moment précis que les vieux démons de la franchise décident de refaire surface. A commencer par le personnage de T’Challa lui-même. Creux voire insipide, il n’est pas le super-héros charismatique que l’on attendait. Est-ce à cause de l’interprétation de Chadwick Boseman ? Peut-être. Surement. Malgré toute la sympathie qu’il dégage, l’acteur de Message from the King ne parvient pas à rendre son personnage intéressant, crédible. Un constat qui doit malheureusement beaucoup à un arc narratif cousu de fil blanc qui vient s’embourber dans un déluge de bons sentiments niaiseux à souhait. Et, plus étonnant encore, vient lorgner du côté de la série dramatique This is us. Nous n’en dirons pas plus.

Le reste du casting, hormis Forest Whitaker qui cabotine à mort et Martin Freeman dont la présence ne sert qu’à rajouter un nom sur l’affiche, relève quelque peu le niveau. Notamment les femmes, véritables surprises de Black Panther. Charismatiques, fortes et dotées d’un tempérament de feu, les guerrières du Wakanda envoient du bois. Et sont à l’origine des séquences les plus intéressantes, et dynamiques de Black Panther. Notons également la belle partition de Michael B. Jordan (Creed, Fruitvale Station) qui, sans réellement briller, vole la vedette à T’Challa lui-même. Notamment grâce à une histoire personnelle émouvante expliquant cette radicalisation et cette rancœur de longue date envers les habitants du Wakanda. C’est peu diront certains, mais dans la mesure où nous n’avons pas la possibilité à nous raccrocher à grand-chose du côté du scénario, ce n’est déjà pas si mal.

A noter également les apparitions d’Andy Serkis, toutes délicieuses. Peu présent à l’écran, le roi de la motion capture nous régale avec un jeu tout en loufoquerie et colère contenue à l’égard du Black Panther. Sans lui, le film Marvel n’aurait certainement pas eu la même saveur. Et n’aurait clairement pas été aussi drôle. Vas-y Andy chante !

Faut-il aller voir le film Black Panther ?

Malgré quelques sorties de route, le long métrage de Ryan Coogler reste un excellent cru dans l’univers Marvel. Dynamique et visuellement époustouflant, il remplit parfaitement son rôle de divertissement pop-corn. Et, mieux, sort des sentiers battus avec la découverte d’un pays entre culture ancestrale et haute technologie qu’on aurait presque envie d’aller visiter lors de nos prochaines vacances. Dès lors, pourquoi se priver d’une telle sucrerie ?

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