[Critique Livre] Bug d’Enki Bilal

[Critique Livre] Bug d’Enki Bilal

[Concours] Cardinal Song : 5 exemplaires du livre à gagner !
[Critique Livre] Réveiller les lions de Ayelet Gundar-Goshen
[Critique Livre] Petit Pays de Gaël Faye

A l’occasion de l’édition 2018 de La BD fait son festival, événement organisé tous les ans par le site de e-commerce PriceMinister – Rakuten, La Critiquerie s’est vu confier une lourde tâche : lire et chroniquer la dernière pépite d’Enki Bilal, Bug. Mission acceptée avec le plus grand plaisir !

Le scénario du roman graphique Bug d’Enki Bilal

En 2041, un étrange bug sème le chaos sur Terre. Son effet ? Rendre obsolète et inutilisable tous les systèmes informatiques conçus jusqu’à présent. Retour à l’âge de pierre. La panique passée, l’anarchie prend le relai. Et 99% de la population mondiale se demande comment elle va bien pouvoir vivre sans Facebook, Twitter ou encore Instagram. Certains vont même jusqu’à se suicider, espérant retrouver le « vrai monde » au bout du tunnel.

Au milieu de ce désordre général, un homme semble en savoir plus que les autres : Kameron Obb, un scientifique qui revient d’une mission sur Mars avec un bug (comprenez insecte) dans le corps. Et accessoirement une base de données digne de Wikipédia dans le cerveau. Devenue la personne la plus recherchée de la planète, Obb va devoir redoubler d’efforts pour sauver sa fille, victime collatérale de la transformation de ce père qui valait désormais bien plus que la totalité de l’humanité à lui-seul…

Bug d’Enki Bilal, un récit d’anticipation absolument captivant

Quatre-vingt pages dévorées d’une traite. Voilà le résumé de notre expérience avec ce bijou du genre signé Enki Bilal. Dès la première vignette, le coup de crayon du maître incontesté de la science-fiction dystopique envoûte. Le dessin est racé, les visages hypnotiques et l’atmosphère fascinante. Sans un seul tir de sommation, le dessinateur nous entraîne avec lui dans un monde au bord de l’asphyxie. Un monde en apnée face à l’inimaginable : la mort d’internet. Qui est le coupable ? La Lune et ses étranges émanations issues de sa face cachée ? Un complot de la Corée du Nord ? Une entité extra-terrestre ? Kameron Obb ? Le doute plane, les questions se multiplient à la vitesse de la lumière.

Page après page, Enki Bilal nous propulse dans un univers cyber-punk intrigant. Le cynisme de l’auteur déborde de chaque bulle de la BD. C’est piquant envers notre société de surconsommation accro aux réseaux sociaux. C’est également nostalgique d’une certaine époque où les gens communiquaient autrement que par écrans interposés. Kameron Obb serait-il le messie de ce qu’Enki Bilal semble qualifier de « Bon Vieux Temps » ? Une piste non négligeable qui ne trouve pour le moment aucune réponse. Car s’il y a bien un défaut que l’on peut constater à ce Bug, c’est sa longueur. Quatre-vingt pages. Trop court pour réellement approfondir un propos d’une profondeur que l’on espère abyssale.

Résultat : aussi captivant soit-il, le livre 1 de Bug ne vaut guère mieux que le statut de mise en bouche. Une mise en bouche époustouflante dans ses moindres détails certes, mais une mise en bouche quand même…

Critique de Bug, le nouveau roman d'anticipation de Enki Bilal

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0