[Critique] Jalouse de David et Stéphane Foenkinos

[Critique] Jalouse de David et Stéphane Foenkinos

[Critique] Star Wars 8 – Les Derniers Jedi de Rian Johnson
[Critique] Le Château de verre avec Woody Harrelson
Actualité cinéma en continu (avril 2017)

Avez-vous déjà été jaloux ? De votre entourage, de votre famille, vos amis, vos collègues ? Qu’est-ce qui nous fait basculer d’un état où on se préoccupe des autres à un état où on est prêts à tout pour leur voler ce qui les rend heureux ? C’est toute la question abordée par les réalisateurs David et Stéphane Foenkinos dans Jalouse. Après La Délicatesse, le duo de réalisateurs réussit à la fois à nous toucher et à nous faire rire via un personnage extrême mais crédible, interprété par Karine Viard.

Un personnage vibrant

Nathalie Pêcheux, professeure de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d’action s’étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage…

Entre comédie grinçante et suspense psychologique, la bascule inattendue d’une femme. Dans Jalouse, il n’est pas question de raconter une simple crise de la quarantaine d’une femme qui se sent seule, le mal est plus profond. On la voit agir avec impulsivité, aller trop loin, prendre du plaisir à gâcher la vie de ses proches puis regretter, s’isoler davantage. Karine Viard réussit très bien à nuancer cela. Elle interprète à merveille ce personnage paumé qui envie tout le monde et dont les traits de caractère sont à la fois agaçants et attachants.

La subtilité ? La sincérité du récit. Les frères Foenkinos nous décrivent une femme forte en apparence – divorcée qui élève seule sa fille, excellente carrière – qui s’écroule en quelques jours. Le coupable n’est jamais vraiment désigné : ce n’est pas l’âge, ni la pression sociale ou encore moins son entourage qui l’enfonce, c’est tout simplement un déclic en elle. En cela, peu importe son âge, son sexe ou sa situation, on se sent proche de ce personnage.

Une narration maitrisée

Le film est un scénario original co-écrit par David Foenkinos et cela se voit. Les scènes s’enchainent bien, les personnages sont nuancés, cohérents, sensibles. Et que dire des dialogues qui sont tranchants comme des lames de rasoir. Le casting apporte également beaucoup à l’histoire : on ne peut imaginer plus crédible comme personnage que Karine Viard dans ce rôle si exigeant. Tantôt irritante et détestable, tantôt touchante : c’est sur les épaules de l’actrice que repose le film. Et cela, même si la présence d’Anne Dorval finit de nous convaincre.

Jalouse est une très bonne comédie – malgré quelques longueurs – mais pas que… Ce long métrage fait passer un message : on a tous le droit de péter les plombs ! Grâce à Karine Viard – la nomination aux Césars n’est pas très loin – on est totalement décomplexé : soyons névrosés et foutons-nous du reste !

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0