[Critique] Jeepers Creepers 3 de Victor Salva

[Critique] Jeepers Creepers 3 de Victor Salva

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Après le succès surprise, et totalement mérité, du premier Jeepers Creepers en 2000, un deuxième épisode, plus bancal, moins percutant, voit le jour trois années plus tard. Alors que nous pensions la mythologie du boogeyman définitivement morte et enterrée suite aux nombreux déboires du réalisateur Victor Salva, Jeepers Creepers 3 sort ni vu ni connu en 2017. Malgré nos craintes, ce troisième volet mérite le coup d’oeil.

Après avoir laissé son personnage culte en bien mauvais état dans Jeepers Creepers 2, Victor Salva décide de revenir en arrière avec ce nouveau long métrage. Juste après l’assaut du commissariat du premier film pour être exact. C’est donc à un Jeepers Creepers 1.5 et non un Jeepers Creepers 3 auquel nous assistons. Un choix inattendu mais bien amené puisque le réalisateur raccroche habillement les wagons avec les deux autres épisodes, allant jusqu’à nous réserver une petite surprise à la toute fin. Mais motus, il serait dommage de gâcher le plaisir…

Que retenir dès lors de ce Jeepers Creepers 3 ? Hormis un manque de moyens évident, ce troisième volet est une agréable série b, divertissante et (parfois) frissonnante. Le rythme ne laisse aucune place au temps mort, les meurtres s’enchainent à un rythme infernal et le Creeper est plus présent à l’image. Des points positifs que vient ternir un manque d’ambitions flagrant. Que le film n’ait pas suffisamment de budget pour s’entourer d’acteurs et d’effets visuels à la hauteur, on le conçoit tout à fait. En revanche, là où le bat blesse, c’est le peu d’intérêt accordé au scénario. Victor Salva tente d’expliquer la mythologie de son personnage sanguinaire mais ne rentre jamais dans les détails. Il reste en surface et s’avère, au final, très avare en révélations. Le fait-il sciemment ou n’a-t-il rien de consistant à apporter à son renifleur de peur ? Quelle que soit la raison, Jeepers Creepers 3 nous laisse sur notre faim. Tout ça pour ça…

Jeepers Creepers 3, le long chemin vers la rédemption de Victor Salva

Peu le savent mais ce film d’horreur fait écho malgré lui à l’affaire Weinstein. Et par la même occasion à la vague de dénonciations de harcèlements et d’abus sexuels qui fait trembler Hollywood depuis plusieurs mois. La raison : Victor Salva a lui-même abusé sexuellement de plusieurs mineurs. Notamment Nathan Forrest Winters, un des jeunes acteurs du film d’horreur Clownhouse, son premier long métrage.

Après avoir plaidé coupable, Victor Salva a dévoilé avoir été lui-même abusé sexuellement lorsqu’il était enfant. Cela excuse-t-il ses gestes ? Bien sûr que non. Mais ils permettent de comprendre le message sous-jacent de la trilogie Jeepers Creepers. Une trilogie horrifique dans laquelle un monstre laisse une empreinte indélébile dans l’esprit de ses victimes encore vivantes, et n’a de cesse de les hanter par la simple crainte de son retour. Quant à ces mêmes victimes, elles finissent par se rebeller, prendre les armes pour chasser le Creeper et empêcher qu’il ne fasse subir le même sort à d’autres. Si vous n’y voyez pas là une tentative, vaine ou non à vous d’en juger, d’expier ses fautes de la part de Victor Salva…

La trilogie Jeepers Creepers prend dès lors une nouvelle dimension. A tel point qu’il serait désormais intéressant de se replonger dans le premier pour y déceler mille et une métaphores de la propre vie de son réalisateur.

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