[Critique] Jungle avec Daniel Radcliffe

[Critique] Jungle avec Daniel Radcliffe

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Man vs Wild. Man vs Himself. Il n’en faut pas plus à Jungle pour nous scotchés devant notre téléviseur durant près de deux heures. Après les délirants films d’horreur Wolf Creek, Greg McLean prouve une nouvelle fois ses talents de conteur, et de metteur en scène.

Soyons francs, nous n’étions pas du tout emballés par le projet. Et la raison est simple comme bonjour : Daniel Radcliffe. Nous ne l’avons jamais porté dans notre coeur et, à nos yeux, il manque à chaque fois cruellement de crédibilité. Même dans Horns d’Alexandre Aja que nous avons trouvé intéressant bien que gâché par une narration à deux vitesses calamiteuse dans sa dernière ligne droite. Pourquoi en aurait-il été autrement avec ce film ? Pourquoi devrions-nous nous infliger la présence d’un acteur, comme Tobey Maguire, qui nous horripile de par sa seule présence à l’écran ? Parce que nous ne sommes jamais contre un petit survival, surtout s’il se déroule dans une jungle particulièrement hostile. Nous avons eu raison d’aller à l’encontre de nos réticences…

Jungle, un survival particulièrement efficace

Pour son nouveau film, Greg McLean a décidé de dévoiler une incroyable histoire vraie. Celle de Yossi Ghinsberg, jeune homme rêveur qui part découvrir le monde contre l’avis de ses parents qui préféreraient qu’il trouve un travail. Au cours de son voyage, il s’entiche de deux autres voyageurs. Aventuriers dans l’âme, tous trois rencontrent un mystérieux guide qui décide de les conduire vers une partie inexplorée de l’Amazonie. Mauvaise idée. Yossi Ghinsberg va se retrouver seul et sans vivres en pleine jungle durant trois longues semaines. Et il n’est clairement pas aussi débrouillard que Mike Horn…

Ainsi, durant près de deux heures, Greg McLean nous fait vivre le calvaire de cet aventurier du dimanche. Et le réalisateur, amateur de films gores, ne nous épargne rien. Détresse psychologique, ventre qui gargouille, infections, hallucinations… Yossi Ghinsberg en chie. Au propre comme au figuré. Les spectateurs les plus sensibles détourneront régulièrement les yeux de l’écran. Les autres se réjouiront de ce parti pris du cinéaste qui nous faire vivre cet « enfer vert » au plus près de la réalité.

Daniel Radcliffe se donne à fond, et c’est pour une fois très crédible !

Nous l’avons dit, nous ne portons pas l’acteur de la saga Harry Potter dans notre coeur. La faute à un manque de crédibilité constant. Est-ce une raison pour ne pas reconnaître lorsqu’il brille face caméra ? Non. Notre mauvaise foi n’est pas si prépondérante que cela. C’est donc avec la plus grande des surprises que nous avons été saisis par la prestation impeccable de Daniel Radcliffe. Outre son investissement physique caractérisé par cette perte de poids extrême, le Britannique parvient à retranscrire brillamment la détresse psychologique de son personnage. Sa lutte pour survivre comme sa résignation totale. Une interprétation envoûtante qui nous pousse à le dire : oui, Daniel Radcliffe peut, quand il se sort les doigts du fondement, être un excellent acteur. Et oui, il peut porter, tel James Franco et Ryan Reynolds, un film sur ses frêles épaules. Chapeau bas mister Potter !

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