[Critique] Jusqu’à la garde de Xavier Legrand

[Critique] Jusqu’à la garde de Xavier Legrand

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Un choc d’une puissance désarmante. Voilà comment résumer au mieux l’expérience vécue lors de la projection de Jusqu’à la garde. Lion d’Or lors de la dernière édition de la Mostra de Venise, on comprend mieux pourquoi les critiques étaient sortis de la séance sans voix et les genoux tremblants.

L’histoire du film Jusqu’à la garde

Divorcé depuis plusieurs mois, le couple Besson se bat pour la garde de leurs deux enfants. Ou plutôt pour celle du plus jeune, Julien, puisque sa soeur est bientôt majeure. D’un côté, la mère, Miriam, ne souhaite plus que son ex-mari voit ses enfants. Des violences seraient à l’origine d’un tel choix. Et Julien semble du même avis : voir son père, hors de question. De l’autre, Antoine se bat pour avoir la garde un week-end sur deux, puis une semaine sur deux de son fils. Débute alors une lente et douloureuse succession de scènes toutes plus intenses les unes que les autres. Des séquences chocs durant lesquelles le réalisateur Xavier Legrand s’amuse à jouer avec nos nerfs.

Jusqu’à la garde, un film d’un réalisme déstabilisant

Dès la superbe scène d’introduction, la juge déclare : « il ne s’agit pas de savoir qui ment dans cette histoire, mais qui ment le moins ». Une phrase brutale, sèche, qui nous hante durant la totalité de la projection. Antoine est-il réellement violent et avec son ex-compagne et avec ses enfants ? Ou n’est-il pas, au final, qu’un père désespéré qui veut à tout prix voir ses enfants ? Miriam serait-elle quant à elle manipulatrice ? Essaierait-elle de manipuler ses enfants pour les monter contre leur père ? Le doute plane. D’autant plus que Xavier Legrand multiplie les fausses pistes et les niveaux de lecture. La tension s’accentue ainsi de fil en aiguille, jusqu’à une dernière séquence totalement suffocante.

Jusqu’à la garde jouit d’un casting formidable

Outre la mise en scène magistrale du réalisateur, Jusqu’à la garde captive grâce à ses acteurs. Si Denis Ménochet et Léa Drucker débordent de crédibilité et jouent délicieusement avec nos nerfs, le jeune Thomas Gioria épate, hypnotise. Intensité dans le regard, sensibilité à fleur de peau, peur exacerbée… Le jeune comédien livre une partition absolument parfaite. Combinée avec la présence animale de Denis Ménochet, les séquences entre le père et le fils sont d’une redoutable efficacité.

Jusqu’à la garde, un exercice de style si bien exécuté qu’on en oublierait presque qu’il s’agit d’une fiction.

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