[Critique] La Fête est finie de Marie Garel-Weiss

[Critique] La Fête est finie de Marie Garel-Weiss

[Critique] Le Château de verre avec Woody Harrelson
[Critique] Jalouse de David et Stéphane Foenkinos
[Critique] Tout l’argent du monde de Ridley Scott

Hypnotique, déstabilisant, cruel, salutaire… Difficile de ne mettre qu’un seul mot sur La Fête est finie en sortant de la projection. Ni de faire le tri parmi toutes les émotions qui se bousculent dans notre esprit. La raison : le film de Marie Garel-Weiss est une claque. Un portrait choc de deux personnalités tiraillées entre leur folle envie de s’en sortir, et celle de s’évader de ce monde sans pitié par le biais de la drogue. Puissant.

Le scénario du film La Fête est finie

C’est l’histoire d’une renaissance. Celle de Céleste et Sihem. Arrivées le même jour dans un centre de désintoxication, elles vont sceller une amitié indestructible. Celle-ci sera autant une force qu’un obstacle lorsque, virées du centre, elles se retrouvent livrées à elles-mêmes, à l’épreuve du monde réel et de ses tentations. Le vrai combat commence alors. Celui de l’abstinence et de la liberté. Celui vers la vie. Vont-elles réussir à se raccrocher à la réalité, à la vie ? Réponse au bout du tunnel.

La Fête est finie, un drame rude d’un réalisme saisissant

Une jeune fille dévastée interpelle et agresse les passants. Elle est en manque. Il lui faut sa dose. Vite, très vite. La folie semble la guetter. Elle court dans tous les sens, crie et pleure jusqu’à rencontrer de manière abrupte le rétroviseur d’un camion. Ecran noir.

Dès les premières secondes, la réalisatrice Marie Garel-Weiss nous plonge dans le bain sans ménagement. Mieux, drame cru et sans concession, La Fête est finie lorgne sans cesse du côté du documentaire. Si bien qu’on oublie peu à peu que les deux actrices principales, Zita Hanrot et Clémence Boisnard, formidables, ne sont que deux comédiennes, deux actrices qui jouent un rôle avant de reprendre une vie normale une fois la caméra éteinte. Résultat : durant 90 minutes, une vague d’empathie nous gagne. Une empathie couplée à de la rage envers ces deux êtres instables qui plongent et replongent inlassablement tête la première dans leurs vieux démons. On a envie de les aider, de les secouer, de les prendre dans nos bras pour les réconforter, de les gifler pour qu’elles prennent conscience de leur bêtise, se réveillent.

Ainsi, sans crier gare, Marie Garel-Weiss nous touche en plein coeur, nous bouleverse. La cinéaste peint un tableau criant de réalisme sans jamais tomber dans la surenchère. La Fête est finie sonne vrai. Un peu trop diront certains, juste ce qu’il faut à notre sens pour ne pas tomber dans un pathos qui aurait été malvenu. L’équilibre entre les émotions est parfait, tout comme le jeu des deux actrices principales et, osons le dire, le film tout entier.

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0