[Critique] Lady Bird de Greta Gerwig

[Critique] Lady Bird de Greta Gerwig

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Voici un film qui ne manque pas d’éveiller notre curiosité. Greta Gerwig (inoubliable Frances Ha) passe pour la première fois seule derrière la caméra. Déjà auréolé de deux Golden Globes, Lady Bird est sur la voie royale des Oscars. Les raisons ? Une magnifique réalisation pleine d’émotions et de maîtrise ainsi qu’une excellente performance de Saoirse Ronan. Un bon film qui ne parvient malheureusement pas à marquer nos esprits…

Marion et Christine, mère et fille

Dès les premiers instants, on est captivé par la relation entre ces deux personnages. Surnommée « Lady Bird », Christine McPherson est une lycéenne qui vit avec sa mère autoritaire à Sacramento. Secrètement, elle tente de quitter sa ville, ainsi que sa mère et ses proches, pour étudier à New York. Le thème du conflit entre parents et enfants a largement été abordé par le cinéma et pourtant, la jeune réalisatrice réussit à nous étonner et à créer une atmosphère particulière…

Dès la scène d’ouverture, on se rend compte que les joutes verbales entre la mère et la fille sont particulièrement virulentes. L’une comme l’autre n’arrivent pas à communiquer, ne se comprennent pas et vont petit à petit entrer dans une relation de plus en plus conflictuelle. Greta Gerwig souhaite nous raconter à travers le récit de la dernière année de lycée de Christine, ce moment si particulier qu’est le départ du cocon familial. Lady Bird semble prête, elle se donne un air de fille sûre d’elle alors qu’elle est encore vulnérable.

On suit son parcours sur un rythme effréné, du début à la fin. Les 12 mois de cette année scolaire 2002/2003 sont balayés en 1h30 par la cinéaste. Ce qui permet cependant de s’attacher au personnage de cette jeune adolescente, magnifiquement interprétée par Saoirse Ronan. Film après film, l’actrice s’impose comme une actrice qui compte dans le cinéma indépendant américain. En un plan, on la voit passer d’une émotion à une autre avec beaucoup de facilité. Elle réussit à nous toucher, tout comme l’excellente Laurie Metcalf, qui joue à merveille une mère à la fois touchante et énervante. Un duo d’actrices parfait qui donne une véritable crédibilité au film.

Encéphalogramme plat

Le problème avec un tel rythme : le manque de scènes marquantes. Malheureusement, le récit de la réalisatrice / scénariste n’est pas assez structuré. Il manque cruellement de scènes marquantes. Mis à part quelques joutes verbales mère/fille assez intenses, on note l’absence de péripéties. Tout est trop fluide. On suit Christine, d’un mois à l’autre, de façon trop chronologique. Certes, on imagine bien que c’est l’effet voulu par Greta Gerwig – une histoire simple et authentique – mais on aurait aimé un peu plus de folie. Bien sûr, le ton du film est léger, drôle parfois un peu barré mais il faut bien avouer que Lady Bird ne marque pas nos esprits.

La performance des actrices, le rythme du film ou l’excellente réalisation ne font pas tout. C’est le reproche que l’on peut faire au cinéma indépendant américain : il peut être flamboyant et créatif – comme Whiplash, Little Miss Sunshine ou Juno – et parfois, on a l’impression que tout le potentiel du scénario n’est pas exploité. Dommage.

Malgré cela, Lady Bird reste un très bon divertissement, à la fois touchant et drôle, qui nous fait réfléchir à nos propres relations avec nos parents et qui nous fait repenser à notre départ du nid familial. Un moment important très bien raconté par Greta Gerwig. On la connaissait très bonne actrice, il va falloir compter sur elle pour une longue carrière de réalisatrice. On a déjà hâte de voir ses prochains projets !

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