[Critique Livre] Le Prisonnier d’Omar Shahid Hamid

[Critique Livre] Le Prisonnier d’Omar Shahid Hamid

[Critique Livre] Cardinal Song de Vincent Giudicelli
[Critique Livre] Millénium (tome 1) de Stieg Larsson
[Critique Livre] Petit Pays de Gaël Faye

Un journaliste américain vient de se faire enlever dans la ville de Karachi, au Pakistan. Cela n’arrange pas les autorités qui craignent que les États-Unis décident de venir mettre le nez dans leurs affaires. Plusieurs individus sont donc sommés de le retrouver. Parmi eux, un prisonnier, ancien flic de choc incarcéré et sans contact avec l’extérieur depuis de nombreuses années. Sauf qu’il semble en savoir bien plus qu’il ne le prétend sur ce kidnapping…

Dès les première lignes, Omar Shahid Hamid nous transporte dans un monde sombre et violent. Celui du quotidien des Karachites. Du petit commerçant qui tente de joindre les deux bouts en faisant un peu de trafic au flic corrompu depuis des années, en passant par le chef de gang sans foi ni loi. En théorie, cela devrait être passionnant. Chaque chapitre devrait nous captiver et nous donner envie d’en savoir plus sur cette population que nous, occidentaux, connaissons très mal. Et pourtant, au fil des pages, Omar Shahid Hamid nous perd. Le Prisonnier s’éloigne progressivement de son histoire principale pour dévoiler des tranches de vie qui ne sont jamais complètement fouillées. L’auteur reste en surface, décrit de manière très sommaire les personnalités de chacun. Il nous empêche ainsi d’avoir de l’empathie, ou de la colère, envers eux.

À trop vouloir en dire, Omar Shahid Hamid s’éloigne de son intrigue principale. Et nous perd…

Quant à l’histoire de ce prisonnier, difficile de ne pas, in fine, s’en désintéresser. Avec le personnage d’Akbar, Omar Shahid Hamid a voulu nous faire prendre conscience de la complexité du métier de policier. Souligner que, parfois, il fallait passer du côté du mal pour espérer faire le bien. On s’attend donc à un personnage complexe, attachant et révoltant à la fois. Il n’en est rien. Akbar est, à l’image de la plupart des protagonistes du livre, fade. Dans un registre similaire, et dans des contrées également lointaines, on préférera le charismatique Yeruldelgger, personnage iconique de la trilogie de Ian Manook, beaucoup plus ambigu que ne l’est son homologue karachite.

Le Prisonnier, un livre qui aurait pu être un excellent thriller. Haletant, captivant, vibrant. Aurait pu seulement…

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0