[Critique Livre] Les​ ​Vies​ ​privées​ ​de​ ​Pippa​ ​Lee de​ ​Rebecca​ ​Miller

[Critique Livre] Les​ ​Vies​ ​privées​ ​de​ ​Pippa​ ​Lee de​ ​Rebecca​ ​Miller

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Les Vies privées de Pippa Lee, comme nous l’indique très clairement le titre, nous plonge dans l’histoire d’une vie. Celle d’une femme « parfaite », épouse attentionnée, amie rêvée, qui vit et se dévoue corps et âme pour les siens. Du moins en apparence…

A cinquante ans, Pippa Lee apparaît à tous ceux qui la connaissent comme « une des dames les plus charmantes, les plus gentilles, les plus adorables, les plus simples et les plus rassurantes qu’ils aient jamais vues ». Épouse parfaite, mère dévouée, hôtesse accomplie et sereine, elle semble avoir tout pour être heureuse. Mais lorsqu’elle et Herb, son mari octogénaire, quittent New York pour s’installer dans une luxueuse banlieue pour retraités, cette belle façade se fissure. Sa sensualité mise en sommeil se réveille et remonte à la surface un passé mystérieux et trouble, fait de rébellion, de passions et de déchirements – un passé dont elle a laissé loin derrière elle les excès et les dangers pour le confort du mariage mais qui la rattrape inexorablement…

Rebecca Miller n’a écrit qu’un seul livre, et c’est bien dommage car Les Vies privées de Pippa Lee a été une belle découverte

Ce roman se lit comme un journal intime, une remise en question de la part de notre héroïne qui, arrivée à cet âge délicat chez une femme, nous dévoile toute sa vie depuis sa tendre enfance.

La vie de Pippa Lee est en réalité un beau tableau à admirer dans un musée. Chaque chapitre nous permet de gratter un peu plus le vernis, de briser la carapace que s’est construite l’héroïne. On y découvre une petite fille aimée et adulée par une mère toxique et malade, une adolescente perturbée par le sens de la vie, une femme en quête d’identité maternelle. Pippa conte chaque étape de sa vie, dessine ses amours, nous fait vivre ses peurs, ses larmes mais également ses plus grosses erreurs. On passe d’une envie irrésistible de prendre dans nos bras ce petit bout de fille à un sentiment d’énervement face à sa naïveté, dont nous faisons pourtant tous preuve un jour.

Finalement, la simplicité apparente de notre Pippa, qui de Madame parfaite passe à Madame tout-le-monde, rend le personnage abordable, attachant, vivant, réel, intime. L’auteure a brillamment réussi à créer un personnage de fiction imparfait et splendide à la fois auquel il est très facile de s’identifier. Du moins en tant que femme.

Le roman se dévore en un dimanche, l’écriture fluide et simple nous plonge directement dans l’action, si tant est que d’action il n’y en ait pas réellement. Pas de super-héros ni d’intrigue à la tension palpitante, juste une histoire de vie brûlante, intime et perturbante. On en viendrait à se demander si Pippa Lee n’existerait pas réellement…

Une critique de Louise Marmeuse Doublet

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