[Critique Livre] Mato Grosso de Ian Manook

[Critique Livre] Mato Grosso de Ian Manook

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Après la trilogie captivante autour du personnage désormais culte de Yeruldelgger, Ian Manook s’éloigne de Mongolie pour poser ses bagages au Brésil. Avec Mato Grosso, roman plein de mystères et fascinant dans le fond, l’écrivain alourdit sa forme, quitte à nous noyer sous un océan de métaphores plus ampoulées les unes que les autres.

Après trente années d’absence, un auteur à succès retourne au Brésil, pays qui l’a fasciné durant sa jeunesse. Territoire sauvage où il a également commis l’irréparable et abandonné la femme qu’il aimait. Convié à rejoindre une ancienne connaissance, il va devoir se replonger dans une époque qu’il pensait révolue depuis longtemps. Mais le passé n’en a visiblement pas terminé avec lui.

Mato Grosso, bienvenue dans l’enfer brésilien

Au même titre que Rhum Express de Hunter S. Thompson, Mato Grosso est avant tout une histoire d’exil. Celle d’un écrivain qui fuit son pays, son continent. Pour quelle raison ? Difficile de le savoir précisément. Toujours est-il que l’acclimatation à cette nouvelle vie, avec ses codes, ses rites, n’est pas de tout repos. Surtout lorsque l’envie de débarquer en territoire conquis se fait grandissant dans notre esprit. C’est ce que Haret, le nouveau personnage ambigu de Ian Manook, va constater.

Ainsi, durant 300 pages, l’écrivain nous entraîne dans un Brésil hostile. Un pays où l’étranger est vu d’un mauvais oeil et trainé dans la boue avec plaisir. Cela, nous l’apprenons à travers l’autobiographie écrite par ce jeune écrivain lors de son retour de ce voyage éreintant, psychologiquement et physiquement. À moins que l’expérience racontée ne soit quelque peu différente de la vérité… Oscillant entre passé et présent, Mato Grosso remet brillamment en cause le métier de romancier. Du moins, il nous met en garde sur la véracité, l’authenticité de certains propos rapportés soi-disant véridiques. Monsieur Haret se donne-t-il le beau rôle ? Arrondit-il les angles et occulte-t-il certains passages délicats à l’encontre de sa personne ? Le doute plane, accentuant l’intensité de notre lecture au fil des pages.

En faire des caisses, principal point noir de Mato Grosso

Longues métaphores et adjectifs foisonnants sont-ils nécessaires dans un roman ? Nous serions tentés de répondre par l’affirmative. En revanche, pour les rendre légitimes, il convient de ne pas en abuser. C’est malheureusement ce que fait Ian Manook. En voulant dépeindre dans les moindres détails la jungle luxuriante brésilienne, l’écrivain nous perd. Certains chapitres paraissent dès lors vaniteux, sans grand intérêt si ce n’est celui pour l’auteur de se faire mousser. Notre lecture devient hachée et, pire, notre affection pour l’aventure vécue par le personnage de Haret décroît. Dommage car le fond, lui, reste assez fascinant jusqu’à la toute dernière ligne.

Critique du livre Mato Grosso de Ian Manook

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