[Critique Livre] Surtensions d’Olivier Norek

[Critique Livre] Surtensions d’Olivier Norek

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Après les magnétiques Code 93 et Territoires, voici venu le temps du dernier chapitre des aventures du capitaine Victor Coste avec Surtensions. Scènes peu ragoûtantes, tension, émotions, retournements de situation… Comme d’accoutumée, Olivier Norek nous propulse dans un polar noir charbon à couper le souffle. Les personnages du SDPJ 93 ne pouvaient espérer meilleur clap de fin.

Surtensions : une immersion dans le milieu carcéral intense (et glauque)

Que ce soit dans Codes 93 ou Territoires, Olivier Norek n’y est jamais allé avec le dos de la cuillère. Le cadavre qui se réveille sur la table d’autopsie et le chat dans le micro-ondes sont là pour nous le rappeler. Pourquoi en serait-il autrement avec Surtensions ? Si l’intrigue principale se dévoile tardivement, les nombreuses pages décrivant le quotidien de certains prisonniers dans un centre de détention nous glace le sang. Scènes de viol, bagarres qui dégénèrent, cruauté des détenus entre eux, résignation des matons… Rien ne manque pour nous faire vivre une lecture dure, âpre et dérangeante par moments. Et c’est justement ce qui nous séduit avec Olivier Norek. Nous placer sans cesse au plus près de la réalité. Ne rien nous cacher, ne pas nous mentir. Cette première partie est à nos yeux la plus réussie de toutes, tous les livres d’Olivier Norek confondus. Un chef-d’oeuvre à l’intérieur même d’un immense polar.

Victor Coste, un personnage qu’il sera bien difficile d’oublier

Hormis cette immersion glaçante dans le milieu carcéral, que retenir de ce Surtensions ? Une intrigue une nouvelle fois très habilement bétonnée. Une montée en puissance délicieuse, une poignée de séquences d’anthologie et, surtout, un Victor Coste qui n’a jamais été aussi sensible, humain. A l’image de la trilogie Yeruldelgger, Olivier Norek dépeint avec brio le mental d’un homme sans cesse à deux doigts de l’implosion. La faute à un quotidien qui devient de plus en plus difficile à supporter, et qui ne laisse aucune place à l’amour, au divertissement. Un quotidien qui vous avale tout entier et ne vous recrache qu’une fois la moindre parcelle d’émotion digérée.

Ainsi, au fil des pages, le capitaine Victor Coste, toujours aussi charismatique, dévoile un nouveau pan de sa personnalité. Plus fragile, plus indécis voire résigné, son regard envers ce métier qu’il aime tant exercer change progressivement. Le temps de penser à soi loin des quartiers chauds du 93 est-il venu ? Même s’il le désirait, Victor Coste parviendrait-il seulement à s’éloigner d’un univers qui l’a fait se sentir vivant, important, depuis une quinzaine d’années ?

Surtensions, un polar palpitant pour une conclusion qui nous laisse bouche bée.

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