[Critique Livre] Nous rêvions juste de liberté de Henri Loevenbruck

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La claque. C’est le seul mot qui vient à l’esprit lorsque l’on tourne la dernière page de ce bouquin. Henri Loevenbruck n’en est pas à son premier ouvrage mais Nous rêvions juste de liberté ne peut laisser personne indifférent. Que l’on aime ou non l’univers de la moto, c’est avec une passion et une tendresse infinies que l’auteur nous plonge dans l’histoire de la bande à Freddy.

Nous rêvions juste de liberté : embarquez pour le road trip de votre vie

Dans un premier temps, nous pénétrons dans l’univers de Bohem, de son vrai nom Hugo, personnage principal à qui l’on s’attache et s’identifie tout de suite. Un peu paumé, assoiffé de découvertes et de vie, il rencontre trois autres garçons au lycée de Providence, petite ville où l’avenir est incertain et où la jeunesse est désillusionnée. Au sein de cette bande, nous trouvons Freddy, chef de meute, Alex et Oscar. Tous ont un caractère bien distinct, ils sont très différents mais Hugo s’intègre très vite, prenant Freddy comme mentor et les autres comme ses frères.

Nous suivons nos jeunes héros dans le début de leur vie, l’histoire est axée principalement sur la naissance de leur amitié, leurs péripéties, et très vite, nous sentons un lien particulier naître entre Freddy et Bohem. De l’amour ? De l’admiration ? Un lien fraternel ? Sans doute un peu tout cela à la fois. Le fil du temps passe au fil des pages, nos protagonistes grandissent et il est temps pour eux de vivre de nouvelles aventures et de quitter Providence.

C’est à ce moment précis que l’histoire commence réellement. Nous sommes embarqués dans un road trip digne des plus grands films américains. Bohem et ses amis, à présent membres de leur propre club de moto, chevauchent leurs engins et décident de vivre leur vie en totale liberté. C’est l’anarchie, la vie sauvage, sexe, drogue et rock’n roll. Notre innocence s’efface en même temps que celle des personnages. Nous vivons l’aventure avec eux, sur la selle arrière de leurs choppers pétaradants. L’auteur nous emporte avec une telle ferveur dans cette épopée que chaque page est un exercice de force pour notre rythme cardiaque.

L’écriture est simple mais efficace, avec un style familier qui colle bien au contexte. Nous lisons comme nous parlons, nous nous plongeons totalement dans le mode de vie des visages que nous rencontrons. Des tas d’images se projettent dans nos têtes : paysages américains, couchers de soleil, fêtes scandaleuses, scènes de sexe et scènes de crimes.

Les rebondissements sont nombreux, les mauvaises décisions aussi. A plusieurs reprises, la peur nous tient en haleine, les scènes de suspens nous transportent et la liberté… Toujours cette liberté transcendante dont nous avons tous rêvé un jour. Rien dans la trame ne cloche, rien ne fait tache même si nous subissons quelques déceptions et grandes tristesses (moments que je ne vous spoilerais pas, amis lecteurs). Notre vision grandit avec les personnages et notre avis change. On passe de l’amour à la haine comme nous le ferions dans la vraie vie.

Emotions au rendez-vous

La suite de l’histoire prend une tournure que l’on aurait espérée différente mais elle est criante de vérité, de dureté, de loyauté, de vie… Bohem ne cesse de nous impressionner, il est un héros qui n’en est pas un, il nous fait rêver avec rien. Avec rien, car il n’a rien ! Si ce n’est sa petite pétoire, ses longs cheveux et ses souvenirs. Il est un personnage sincère, parfois malmené, un gamin plein d’illusions devenu un homme de principes. Jusqu’à la fin du récit, nous le suivrons : sur la route, dans sa tête… Lorsque sonne le glas, des événements totalement inattendus nous arrivent telle une bourrasque. Le cœur se serre, la gorge se noue, notre lecture se fait plus rapide car on n’y croit pas… Et déjà, la dernière page se tourne et nous laisse là, les larmes aux yeux et des images plein la tête. On voudrait que ça continue, on voudrait encore ces petits moments de pureté volés.

Jean-Paul Sartre a dit : « L’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-même de ce qu’on a fait de nous. ». Vous ferez ce que vous voudrez de cette oeuvre mais il est certain qu’elle fera vibrer quelque chose au fond de votre âme.

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