[Critique] Rodin de Jacques Doillon

[Critique] Rodin de Jacques Doillon

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Quatre années après le décevant « Mes séances de lutte » avec Sara Forestier, le cinéaste Jacques Doillon est de retour avec le très attendu « Rodin ». Un biopic sur le monstre sacré de la sculpture française retenu en compétition officielle du Festival de Cannes cette année. Le film, porté par Vincent Lindon et Izïa Higelin, peut-il espérer remporter la Palme d’Or ? On en doute très sérieusement. En revanche, un prix d’interprétation…

À Paris, en 1880, Auguste Rodin reçoit enfin à 40 ans sa première commande de l’Etat : ce sera La Porte de L’Enfer composée de figurines dont certaines feront sa gloire comme le Baiser et le Penseur. Il partage sa vie avec Rose, sa compagne de toujours, lorsqu’il rencontre la jeune Camille Claudel, son élève la plus douée qui devient vite son assistante, puis sa maîtresse. Dix ans de passion, mais également dix ans d’admiration commune et de complicité. Après leur rupture, Rodin poursuit son travail avec acharnement. Il fait face et au refus et à l’enthousiasme que la sensualité de sa sculpture provoque et signe avec son Balzac, rejeté de son vivant, le point de départ incontesté de la sculpture moderne. À 60 ans, enfin reconnu, il devient le sculpteur le plus célèbre avec Michel-Ange.

« Rodin », une oeuvre puissante dans son ensemble mais terriblement soporifique

Eh oui, malheureusement, malgré les performances envoûtantes de Vincent Lindon (toujours aussi charismatique) et d’Izïa Higelin (aussi superbe que déstabilisante en Camille Claudel), une photographie sublime et un sens du détail souvent captivant, « Rodin » manque cruellement de rythme. Au point de nous donner envie à plusieurs reprises de quitter la salle. Ce que certains spectateurs, la mâchoire en vrac après un énième bâillement, n’ont pas hésité à faire… Difficile de ne pas les comprendre et, en même temps, ils sont passés à côté d’une très belle oeuvre : celle du portrait ô combien minutieux d’un homme aux personnalités multiples. Le foudre de travail d’un côté, qui parle fort et fait de grands gestes, bourru et parfois tyrannique avec les personnes (artisans ou modèles) qui l’entourent. L’homme timide de l’autre, écrasé face aux remarques des autres, mal à l’aise en public et qui parle dans sa barbe (d’où, sans doute, la difficulté de comprendre certains dialogues parfois…). Un artiste qui aime profondément la vie mais préfère s’en éloigner et se réfugier au milieu de ses créations, plus chaleureuses à ses yeux malgré la froideur de leurs matériaux. Un portrait vibrant, captivant, qui vaut à lui seul le déplacement.

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