[Critique] Sparring avec Mathieu Kassovitz

[Critique] Sparring avec Mathieu Kassovitz

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Un Mathieu Kassovitz époustouflant au service d’un film de boxe à la sobriété déstabilisante. Si Sparring est souvent comparé au Rocky premier du nom, n’y voyez aucun raccourci de la part des critiques et des médias. Uniquement la juste comparaison avec un long métrage qui place, comme l’œuvre de Samuel Jouy, l’humain au centre de toutes les attentions. Et c’est précisément ce parti pris qui rend ces deux petites bombes du 7e Art si percutantes.

Le scénario du film Sparring

Toute sa vie, Steve Landry a encaissé les coups sans broncher. Au quotidien comme sur un ring de boxe, où il a enchainé les combats professionnels sans jamais briller. Une quarantaine pour une trentaine de défaites. Le tableau est peu flatteur. Si son corps porte les stigmates d’une vie passée à recevoir les crochets et autres uppercuts plus qu’à les porter, il continue à être animé par cette passion immuable pour le ring. Il s’accroche, sans jamais réellement parvenir à joindre les deux bouts. Alors, quand il parvient à devenir le sparring partner d’un grand champion sur le retour, il n’hésite pas une seconde. Il fait ce qu’il sait faire de mieux : serrer les dents et partir au combat.

Sparring, un film de boxe qui sonne vrai

Exit le strass et les paillettes. Le public qui scande le nom de son idole à gorge déployée et l’applaudit à la fin de chaque round. Sparring dévoile l’autre côté du miroir. Un monde où les licenciés ne roulent pas sur l’or et doivent bien souvent arranger leur planning avec un job alimentaire à côté. Un univers sans pitié où pour qu’une poignée de privilégiés brillent, il faut des perdants. Parmi eux, un sympathique looser, magnifiquement incarné par Mathieu Kassovitz : Steve Landry. Durant près de 90 minutes, on suit son parcours. Son quotidien de cantinier, ses doutes, son amour incommensurable pour sa femme, ses enfants et la boxe. Toute sa vie, il s’est accroché à ses rêves. Mais le souhait de devenir un grand monsieur du milieu s’est estompé au fil des défaites, jusqu’à muer en une envie louable de reconnaissance.

Ainsi, ce n’est pas l’ascension fulgurante d’un boxeur que Samuel Jouy décide de filmer dans Sparring. Mais le portrait d’un monsieur tout le monde qui galère, doute sans cesse, mais s’accroche tant bien que mal à cette petite flamme qui le fait se sentir vivant. Un tableau saisissant, passionnant qui, à l’image du film La Surface de réparation avec Franck Gastambide, nous fait prendre conscience de la dureté du milieu sportif. Un milieu où les combats pimpants à plusieurs millions de dollars entre les Floyd Mayweather et autres Conor McGregor ne sont qu’un grain de sable dans un océan de solitude et de désillusion.

Décision unanime des juges pour le film Sparring

Filmer les « petites gens », une volonté aussi séduisante sur le papier que percutante à l’écran de la part de Samuel Jouy. Après avoir brillé en tant qu’acteur (Un Français, Gauguin – Voyage de Tahiti), l’artiste signe ici son premier long-métrage en tant que metteur en scène. Cadrages et BO envoûtants, direction d’acteurs impeccable, orchestration des combats hypnotique… Vivement sa prochaine réalisation !

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