[Critique] Stronger de David Gordon Green

[Critique] Stronger de David Gordon Green

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Une poignée de mois après le très bon Traque à Boston de Peter Berg, l’attentat du 15 avril 2013 est de nouveau sous le feu des projecteurs. Stronger de David Gordon Green ne met pas en scène la chasse des terroristes mais la rééducation d’une des victimes, Jeff Bauman, amputée des deux jambes. Si le sujet est passionnant sur le papier, la mise en scène ampoulée du réalisateur, assoiffé de récompenses, gâche quelque peu le plaisir.

Un film à Oscars, dans le sens le plus négatif possible. Voilà comment résumer l’expérience Stronger. Non pas que le long métrage de David Gordon Green soit mauvais. Il sonne juste terriblement faux, et creux, durant près de deux heures. La faute à une mise en scène pompeuse érigée dans le seul but de séduire les jurés et les critiques. S’ajoute à cela un patriotisme exacerbé, typiquement américain, qui finit, à la longue, par nous courir sur le haricot. Un patriotisme qui, a contrario de l’excellent et intelligent Un Jour dans la vie de Billy Lynn d’Ang Lee, ne jouit d’aucune subtilité. Stronger sortant en France en même temps que le 15:17 pour Paris du cowboy Clint Eastwood, le mois de février va être chargé de crétinisme outre-Atlantique. Pas sûr que nous soyons prêts à prendre de plein fouet cette double dose d’américanisme…

Stronger, banal mais formidablement incarné

En revanche, difficile de bouder notre plaisir face à l’interprétation de Jake Gyllenhaal. L’acteur caméléon parvient à nous faire ressentir les différentes étapes psychologiques par lesquelles passe son personnage amputé des deux jambes. Et le mal-être permanent qui le plombe, notamment à cause de sa mère, nocive, qui dicte les moindres faits et gestes de son fils jusqu’à l’étouffement. Une relation malsaine qui donne naissance à de nombreuses séquences exaspérantes parfaitement exécutées.

Des points positifs qui ne font qu’accentuer notre agacement vis-à-vis de Stronger. Si David Gordon Green n’avait pas plongé tête la première dans cette réalisation mielleuse pour plaire à tout prix lors des compétitions, son film aurait été un excellent biopic. Aurait seulement… Stronger a en effet ployé sous le poids de la facilité. Celle d’un académisme propret qui veut absolument nous tirer les larmes. Une fois n’est pas coutume, la recette, datée, ne séduit plus. Il serait temps que producteurs et réalisateurs s’en rendent compte.

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