[Critique] The Disaster Artist de James Franco

[Critique] The Disaster Artist de James Franco

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Après Interior Leather Bar, As I Lay Dying ou encore Les Insoumis, l’acteur James Franco repasse une nouvelle fois derrière la caméra. Et son nouveau projet, The Disaster Artist, est assez dingue : retracer le parcours du réalisateur haut en couleur Tommy Wiseau, et plus précisément le tournage de son film culte The Room. Sans chichi, le réalisateur-acteur met en scène un biopic aussi fou et décalé que touchant.

Le synopsis du film The Disaster Artist

En 1998, Greg Sestero, un jeune homme qui se rêve acteur, croise la route de Tommy Wiseau, comédien qui lorgne également sur le succès des plus grands d’Hollywood. Fasciné par la personnalité haute en couleur de cet être atypique et taiseux, il va le suivre dans une aventure folle qui va changer sa vie à tout jamais : participer au tournage du film le plus fou du 21e siècle : The Room. Un nanar pensé, écrit, produit, réalisé et interprété par Tommy Wiseau en personne. Que le spectacle commence !

The Disaster Artist, une ode à la différence salutaire

Tommy Wiseau est un être lunaire. Une personnalité singulière qui ne laisse personne diriger ses envies, ses rêves. Quitte à passer pour un fou, un illuminé aux yeux du plus grand nombre. Mais qu’importe, cet acteur dont personne ne veut est bien décidé à faire un pied de nez à ses détracteurs en réalisant lui-même un film dont il est le héros. Sauf que son désir de célébrité ne vas pas forcément se passer comme prévu…

Avec ce biopic, James Franco réalise sans doute son meilleur film. Fin, déroutant, émouvant, décalé… The Disaster Artist est un petit bijou du genre. Une pépite qui nous propulse dans le quotidien d’un doux-dingue qui ne lâche rien. Surtout pas ses souhaits, aussi utopiques soient-ils. Ainsi, The Disaster Artist nous fait prendre conscience de la médiocrité de l’âme humaine. Celle-là même qui se croit bien-pensante mais n’hésite pas à tacler et railler quiconque a l’audace de sortir du lot.

Ainsi, Tommy Wiseau, Petit Prince ténébreux à la dégaine improbable, devient le porte-étendard des laissés pour compte. Des loosers. Des victimes des carcans du savoir-faire et du savoir-vivre. Sous l’enrobage délicieusement comique de The Disaster Artist se dévoile une sensibilité à fleur de peau aussi inattendue que troublante. C’est ce juste équilibre des émotions qui rend le film de James Franco si jouissif dans sa totalité.

Avec le personnage de Tommy Wiseau, James Franco dévoile son plus grand rôle à ce jour

Si James Franco n’a pas toujours joué dans des chefs-d’oeuvre, on ne peut lui enlever deux choses : un investissement de tous les instants et une crédibilité sans faille. Qu’il joue comme il aime si bien le faire un bel abruti (Délire Express) ou un caïd malsain (Spring Breakers). Avec le rôle de Tommy Wiseau, l’acteur, totalement méconnaissable, se fait plaisir. Et plus important encore, nous régale. Avec un mimétisme poussé à son extrême, il n’incarne plus Tommy Wiseau… Il est Tommy Wiseau. Une prestation de haute volée face à laquelle ses partenaires de tournage, loin d’être à la ramasse, ne peuvent rivaliser.

Mis bout à bout, tous ses éléments transforment The Disaster Artist en un pastiche de série b qui tend irrémédiablement vers le nanar. Irrésistible. Chapeau bas James Franco pour ce bijou du genre.

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