[Critique] The Square de Ruben Östlund

[Critique] The Square de Ruben Östlund

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Trois années après le très remarqué Snow Therapy (Prix du jury Un Certain Regard au festival de Cannes de 2014), le réalisateur suédois Ruben Östlund dresse un nouveau portrait au vitriol de notre société contemporaine et des âmes qui la composent. Comme nous pouvions nous y attendre avec cette Palme d’Or, The Square est succulent de cynisme.

Grinçant, drôle, brillant… Les adjectifs ne manquent pas pour décrire cette fable pittoresque, miroir d’un monde individualiste où le bonheur d’une seule personne prime sur celui de centaines d’autres. Christian, conservateur apprécié d’un musée d’art contemporain et humaniste du dimanche, semble en être le parfait représentant. Loin de lui l’idée de répandre le mal et la douleur, il est simplement, comme beaucoup hélas, terriblement égoïste, à l’image de cette jeunesse accro aux réseaux sociaux qui cherche à tout prix à faire le buzz et s’aperçoit, souvent trop tard, du mal qu’elle a causé. Suite à différentes rencontres, son petit monde pantouflard réglé comme un coucou suisse va connaître un terrible séisme.

The Square, oeuvre aussi effrontée que brillamment mise en scène

Outre cette dénonciation permanente de la bassesse et de la perfidie humaine, le film de Ruben Östlund est également une pépite de mise en scène. Le réalisateur parvient, durant plus de 2H30, à nous embarquer dans un trip égocentrique rendu captivant grâce à une bande-originale éclectique (on passe de Justice à Bach sans que cela paraisse inapproprié), des dialogues piquants à souhait et un cadrage à la fois culotté et très inspiré. L’ensemble est toujours cohérent, l’humour et l’horreur de certaines situations sont d’une redoutable harmonie et la montée en puissance de la narration, portée par un casting de haute volée, en laissera plus d’un stupéfait. Chapeau Ruben, nous étions à des années-lumière de penser être secoués à ce point avant le début de la projection…

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