Exposition « Irving Penn » au Grand Palais, le grand portraitiste, sa liberté, le temps qui passe et la mode

Exposition « Irving Penn » au Grand Palais, le grand portraitiste, sa liberté, le temps qui passe et la mode

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C’est à une très riche exposition photo que nous invite le Grand Palais cet automne. Irving Penn (1917-2009), une vie entière dédiée aux photos de mode et surtout aux portraits. Cet évènement culturel au Grand Palais vient célébrer le centenaire de la naissance d’Irving Penn. Une rétrospective des 70 ans de carrière du maestro, à ne manquer sous aucun prétexte.

Irving Penn aimait à jouer avec le texte, la lumière, l’ombre, les décors usés par le temps.

Dès 1943, Irving Penn commence à collaborer à Vogue. Une association inédite qui durera soixante ans, avec 165 couvertures de Vogue de 1953 à 2004 ! Les photographies d’Irving Penn ont toutes une histoire. Cette exposition commence par ses natures mortes insolites. Dans un esprit de collage surréaliste, on y découvre l’amour de la mise en scène du photographe américain. Le décalage certain de son oeuvre, son ton moderne et vif à la fois. Devenu portraitiste, le photographe professionnel débute les photographies de mode et de personnalités. Parmi la longue série de ses portraits pénétrants, on a le bonheur de se retrouver les yeux dans les yeux de l’architecte Le Corbusier, le cinéaste Alfred Hitchcock, Yves Saint-Laurent, la comédienne Audrey Hepburn ou encore les peintres Marcel Duchamp et Salvador Dali. Le chic et l’esthétique mènent Irving Penn à l’utilisation massive du Noir et blanc. Entre deux séries de photographies, tomber sur quelques pages du Vogue américain des années 50 est un plaisir rafraichissant.

Faire une photo, c’est « comme faire l’amour » – Irving Penn

Tout le long de sa carrière, le photographe a choisi la liberté. Il variait les valeurs d’ombre et de lumière comme les clins d’oeil à travers ses tirages. Celui qui avait d’abord été peintre, souhaitait que ses portraits photographiques aient la même force irréductible que des tableaux. Particulièrement, il aimait photographier des « femmes réelles dans des situations réelles ». En 1948, Irving Penn reçoit sa 1ère commande de photo de mode en extérieur, à Lima.  En Juillet 1950, c’est le début de sa série sur les petits métiers, la plus foisonnante de sa carrière. Chaque cliché nous raconte un Paris, un Londres ou un New-York d’un temps perdu. Pour toujours ? Sous le prisme d’Irving Penn, c’est toute une époque fantasmée qui prend chair devant nos yeux et dans notre imaginaire. Les vitriers, rétameurs et charbonniers français défient les égoutiers de New-York. Des yeux interrogateurs, fiers, perdus. De toutes les couleurs. Un sourire jusqu’aux oreilles. Un air rude. Les joues pincées. Le cou ridé. Un crâne lisse ou clairsemé de cheveux…Toute cette série de visages nous content un passé mystérieux. L’homme d’hier, sa destiné et ses émotions. Mais aussi l’homme d’aujourd’hui. Nous, les spectateurs de 2017. Et demain ?

À partir de 1967, Irving Penn se lance dans des voyages en Afrique et en Asie pacifique.

« Le studio est devenu, pour chacun d’entre nous, une sorte de zone neutre. Ce n’était pas chez eux (…) ce n’était pas chez moi, (…) mais dans cet entre-deux, nous avions une possibilité de rencontre qui fut une révélation pour moi et souvent, je peux le dire, une expérience émouvante pour les modèles eux-mêmes, qui, sans un mot, par leur seule attitude et leur application, arrivaient à en dire assez pour combler le gouffre entre nos différents univers. » expliquait Irving Penn au sujet de la tente qui lui servait de studio en voyage.

L’exposition finit avec les Nus et les Cigarettes, qui se heurteront à l’incompréhension du public. Dans une scénographie simple et esthétique, le Grand Palais a choisi avec intelligence ces 235 images, dont beaucoup de portraits. Escale amusante avant de sortir du Grand Palais : le photomaton argentique au fond de la boutique.

Crédit photo : Irving Penn

Informations pratiques : l’exposition « Irving Penn » se déroule au Grand Palais du 21 septembre 2017 au 29 janvier 2018. Tous les jours sauf le mardi. De 10h à 20h du jeudi au lundi. De 10h à 22h le mercredi. Fermeture exceptionnelle à 19h le mercredi 27 septembre. Fermé à 18h les dimanches 21 et 31 décembre fermé le lundi 25 décembre.

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