[Exposition] « Julio Le Parc, Bifurcations » à la Galerie Perrotin

[Exposition] « Julio Le Parc, Bifurcations » à la Galerie Perrotin

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Peintures, sculptures, installations, mobiles, réalité virtuelle… Perrotin présente sur les deux étages de sa galerie la diversité de Julio Le Parc. Entre œuvres emblématiques et inédites, on traverse la temporalité d’un artiste pour qui le mouvement n’aura cessé de stimuler l’imaginaire.

Depuis ses travaux avec le Groupe de Recherche d’Art Visuel (GRAV) en 1960, Julio Le Parc expérimente toutes formes artistiques dans le but d’établir un mouvement entre l’œuvre et la rétine, un impact rendu possible en manipulant une surface par le matériau lumière. Cette manipulation peut être mécanique (un moteur, le vent) ou optique (des effets de formes et de couleurs), et a pour effet de créer un trouble physique chez le spectateur. L’instabilité, recherchée dans l’art cinétique, c’est le moment où l’œil est non seulement stimulé par le point qu’il regarde, mais également par sa périphérie.

Résolument tourné vers l’avenir malgré ses 80 ans printemps, Julio Le Parc innove, avec la complicité de son fils, en présentant une œuvre en réalité virtuelle. Forme absolue de l’art cinétique, elle amène un point de vue inédit de l’abstraction optique. Si jusqu’alors l’effet visuel était celui de nos yeux et de notre cerveau, il est désormais celui de la technologie dominante. On entre dans l’œuvre, jusqu’à en perdre l’équilibre. L’art devient performatif et participatif. Le spectateur participe ainsi au processus créatif : il donne un point de vue unique, le sien, en regardant l’œuvre dans sa propre direction. C’est le rendez-vous ultime de l’appropriation artistique. « Alchimies virtuelles » offrent à nos yeux un monde façonné par le duo Le Parc, composé de formes et de couleurs en mouvement. On regrette la limite physique de l’œuvre, nous empêchant de partager ce moment vécu à l’intérieur. Enfermé dans notre casque de réalité virtuelle, chacun y vivra son expérience personnelle, nous soumettant ainsi aux lois individualistes de la technologie.

Avis Exposition Julio Le Parc, Bifurcations à la Galerie Perrotin

Julio Le Parc, Bifurcations

A l’étage, des œuvres mécaniques des années 1960 et 1970 côtoient une installation labyrinthique (« Espace à pénétrer avec trame »). Mise en scène dans une pièce fermée de la galerie, elle propose un parcours déroutant, entre miroirs pivotants et rayures vertigineuses. Ludique, cette installation appelle au cheminement : quid de l’artiste ou de nous-même se joue de nos repères physiques ?

D’une énergie sans limite, l’exposition – gratuite – est à découvrir jusqu’au 23 décembre 2017. En suivant les dédales de la galerie Perrotin, arrêtez-vous devant les œuvres lunaires de Daniel Arsham, présentées dans l’autre bâtiment de la galerie. Atmosphérique et sensible.

© Marie-Camille Raynaud

Perrotin : 76 rue de Turenne, 75003 Paris.
Du mardi au samedi 11h00-19h00.

Avis Exposition Julio Le Parc, Bifurcations à la Galerie Perrotin

Julio Le Parc, Bifurcations

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