Interview de Victor Saint Macary, réalisateur du film Ami-ami

Interview de Victor Saint Macary, réalisateur du film Ami-ami

Interview de Camille Razat, actrice dans le film Ami-ami
[Interview] Rosemary Myers, la réalisatrice de Fantastic Birthday
[Interview] Luc Langevin, un illusionniste au service de ses rêves sans limites

À l’occasion de la sortie au cinéma le 17 janvier 2018 de la comédie française Ami-ami, son réalisateur, Victor Saint Macary, a répondu à quelques-unes de nos questions. L’occasion d’en apprendre un peu plus à la fois sur son premier film et sur l’homme qui se cache derrière la caméra.

Questions autour du film Ami-ami

Ami-ami est une comédie centrée sur deux colocataires de sexe opposé. Avez-vous vécu une situation similaire, ou le film n’est-il que pure invention ? Et si oui, votre expérience s’est-elle terminée de la même manière ?

À 25 ans, j’ai vécu en coloc avec une fille qui s’avérait être ma meilleure amie. Autour de nous, les gens avaient du mal à croire à cette amitié sans ambiguïté. On me demandait très souvent si l’on couchait ensemble ou pas. C’est le point de départ du film. Ensuite, il y a eu un vrai travail avec les scénaristes pour amener de la fiction et de la dramaturgie. J’aurais bien aimé vous dire que c’est un biopic mais ça n’est pas le cas.

Vous échouez sur une île déserte. Préférez-vous vous retrouver en tête-à-tête avec votre conjoint ou votre colocataire ?

Mon conjoint évidemment ! (vous voulez que j’ai des soucis ou quoi ?!?)

Réussir à canaliser deux boute-en-train comme William Lebghil et Margot Bancilhon n’a-t-il pas été trop difficile ? Avez-vous dû sévir ?

Margot et William sont très professionnels. Ils déconnent quand il faut. C’est plus avec Jonathan Cohen que j’ai dû faire attention à pas me laisser gagner par la folie de ses improvisations.

Quelle séquence a été la plus compliquée à tourner ?

La plus compliquée techniquement c’est clairement celle de la bagarre. Je voulais faire un plan-séquence. On a dû beaucoup préparer, c’était une véritable chorégraphie. Et quand on a réussi à « rentrer » le plan-séquence, l’équipe technique et artistique était dans un état d’excitation incroyable. On a vécu un fort moment de cohésion.

Quel est votre plus beau souvenir, ou votre plus gros fou rire, du tournage ?

Mon plus beau souvenir, c’est d’avoir fait tourner mon père (qui joue le père de William dans le film). C’était très émouvant pour lui comme pour moi.

Dans la vie, Camille Razat est plutôt blonde avec les cheveux longs. Pourquoi lui avoir fait changer de look ? Etait-ce pour ne pas qu’elle ressemble à Margot Bancilhon ?

Effectivement, j’ai demandé à Camille de se faire un carré châtain. D’une part, pour la différencier de Margot et, d’autre part, parce que cela lui donne un côté « Nouvelle Vague » que j’aime beaucoup.

Dans le film, la complicité entre les acteurs ne paraît jamais feinte. Etaient-ils potes avant le tournage ou avez-vous usé d’un stratagème particulier pour parvenir à une telle authenticité à l’écran ?

C’était un des gros enjeux du film : que l’amitié imprime la pellicule et qu’elle paraisse tout de suite évidente. Et le choix des comédiens a été déterminant. Dès le casting, Margot et William ont eu cette connivence, cette alchimie que je recherchais. Puis on a continué à travailler dessus, notamment en partant tous ensemble chez moi en Normandie.

Dans Ami-ami, on sent clairement la référence à La Guerre des Rose lors d’une séquence irrésistiblement barrée. Avez-vous inséré d’autres clins d’oeil dans votre film ?

Oui, il y a tout un tas de clins d’oeil : Les Apprentis de Salvadori, et plus précisément la scène où Depardieu fait du ski dans les escaliers. E.T. de Steven Spielberg aussi, lorsque l’extraterrestre est dans le panier de vélo.

Interview Victor Saint Macary réalisateur de Ami-Ami

(c) Instagram Victor Saint Macary

Questions autour du réalisateur Victor Saint Macary

Pourquoi avoir choisi le métier de réalisateur ?

C’est ma compagne qui m’a poussé à être réalisateur. En fait, j’ai écrit un court-métrage, Beau-Papa avec Jonathan Cohen et Ana Girardot. Je n’avais pas l’intention de le réaliser au départ. Et c’est ma compagne qui m’a dit de me lancer. Qu’au pire, si c’était raté, je n’aurais qu’à le poser sur une étagère et faire autre chose. Et c’est en tournant ce court que je me suis senti à ma place. C’est ça que je voulais faire dorénavant.

Quel film vous a le plus marqué ?

J’avais fait une interview pour Chaos Reigns et j’avais répondu ça : « Le premier choc cinématographique c’est Lost Highway de David Lynch. C’était un week-end. J’étais ado. J’avais loué tout un tas de VHS. J’étais extrêmement cinéphage à l’époque. Je pouvais enchaîner 10 films en un week-end. C’était presque compulsif. Et là je tombe sur Lost Highway. Je comprends pas ce qu’il m’arrive. Impossible de sortir du film. Quand ça se finit, je rembobine et je le relance. Je l’ai regardé cinq fois de suite. J’étais hypnotisé, sous influence, le film m’avait marabouté. »

Quels sont pour vous les trois films incontournables de 2017 ?

The Lost City of Z de James Gray, Faute d’Amour d’Andreï Zviaguintsev et 120 Battements par minute de Robin Campillo.

Avec quel acteur, ou actrice, aimeriez-vous tourner ?

Pio Marmaï.

Si on vous laissait carte blanche dans la réalisation d’un biopic, vers quelle figure emblématique vous tourneriez-vous ?

Emil Zàtopek, un coureur de fonds tchécoslovaque.

Quel livre souhaiteriez-vous adapter au cinéma ?

Courir de Jean Echenoz, qui raconte la vie de Zàtopek.

Quelle série suivez-vous actuellement ?

The Crown saison 2.

Quels sont vos prochains projets ?

Je suis sur plusieurs projets mais en tant que scénaristes. J’ai pas encore trouvé mon deuxième film. Mais j’ai hâte de retourner sur un plateau.

CLAP de fin

Retrouvez également notre interview de l’actrice Camille Razat, à l’affiche de la comédie Ami-ami

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0