« Jamais Plus », la jeunesse allemande résistante vibre au Studio Hébertot

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C’est lors d’un showcase ce 7 novembre au Studio Hébertot, que nous découvrons le monologue JAMAIS PLUS, de Geoffrey Lopez. Une plongée brillante dans la conscience tourmentée d’un jeune allemand, entre innocence, fascination et révolte. 

« Nous sommes les premiers hommes du monde ».

Depuis sa cellule où il attend d’être exécuté pour Haute Trahison, Franz Weissenrabe écrit à sa mère dans un petit carnet. Le jeune homme blond se rappelle avec ironie quelques années auparavant, sa joie franche et sa fierté d’appartenir à « la meilleur race pour le Reich » : la race nordique. Il participait volontiers aux activités des jeunesses hitlériennes. Quelle fierté d’arborer les chemises brunes ! Franz passait ses WE à camper avec ses amis. Ivre de vie, il aimait plus que tout les longues soirées devant le feu. Bientôt une faute terrible lui ouvre les yeux sur la dangerosité du fascisme. Le jeune Franz se replie sur lui-même, jusqu’à ce qu’il retrouve l’espoir avec le mouvement de résistance étudiant « La Rose Blanche ».

« Ce n’est pas difficile de mourir. Il faut juste se laisser aller. Vivre demande plus d’exigence »

Le texte lyrique de Geoffrey Lopez est à la hauteur de ses ambitions : faire vibrer au théâtre l’écho de la jeunesse allemande de 1943 furieuse contre Hitler. L’auteur déroule une histoire, où « tous les secrets du monde se cachent dans la main d’une mère. » Dans JAMAIS PLUS, le bonheur et l’humanité suintent avec élégance à travers tout le combat inégal de la peur et la mort. Malgré le contexte catastrophique de 1943, c’est de la paix dans les yeux doux du comédien Antoine Fichaux, et l’amour de la vie entre les lignes de l’auteur, dont nous nous souviendrons. Franz n’a pas un destin extraordinaire. Il n’a pas essayé de tuer Hitler. Sa seule faute est d’avoir écrit un unique tract, ce qui lui vaut d’être arrêté puis tué. C’est avant tout ce combat jusqu’à l’échafaud pour la liberté et se souvenir des petits plaisirs de la vie terrestre, qui remue nos palpitants. Le travail de précision sur les lumières et la musique nous transporte loin. Dans cette mise en scène simple et efficace, on touche du doigt les rires, on entend les sourires. La compagnie des mains du marionnettiste nous fait effleurer les souvenirs du condamné à mort. Et c’est comme si l’on passait notre main dans les mèches de cheveux blonds du personnage émouvant de Franz, dont la dimension humaine entre en raisonnance avec le quatrième mur (les spectateurs).

Écrit et mis en scène par : Geoffrey Lopez.
Avec : Antoine Fichaux.
Musiques : Brice Vincent.
Productions : Claire Merviel Production et Les Mains du Marionnettiste

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