« La nonne sanglante de gounod » nous impressionne Salle Favart à l’Opéra Comique !

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L’ouverture de l’Opéra de Gounod se joue au milieu d’une bataille rangée façon Games of Thrones. Dans le décor gothique de l’Opéra Comique de Paris, ce sont ici deux familles qui s’affrontent.

Une atmosphère noire et moyenâgeuse

Agnès et Théobald doivent se marier pour sceller la réconciliation de leurs deux familles. Théobald a un frère Rodolphe. Or Rodolphe et Agnès s’aiment. Les deux amants décident de s’enfuir en profitant de l’apparition d’un spectre : la Nonne sanglante. Durant cette fuite et à la suite d’une méprise, Rodolphe jure fidélité à ce fantôme qu’il confond avec Agnès. La Nonne magnanime exige de lui, pour le libérer de son serment d’hyménée, qu’il tue l’homme qui l’a assassinée, qu’il tue son propre père ! Le texte en français est simple et use de répétitions. La pièce est un cauchemar éveillé, où un homme va devant nous décider ou non de tuer son père afin de vivre son amour. Pour restituer cette tragédie, l’immense adresse de David Bobée et l’intelligence de Laurence Equilbey autorisent cette restitution via ce spectacle envoûtant. L’opéra inspiré du roman anglais « Le Moine » de Lewis emprunte un romantisme sombre et frissonnant. Laurence Equilbey avec son immense talent, adopte une direction d’orchestre qu’on lui connaît, déployant une férocité au service du drame.

Un ensemble harmonieux et puissant

Le décor cathédrale, la scénographie des foules et les costumes inquiétants ajoutent à cette atmosphère de messe noire. Car Gounod demande de respecter les deux antagonismes, et le religieux et l’anticlérical gothique. Le ténor américain Michael Spyres saisit toute la salle de sa voix vibrante et claire, le baryton André Heyboer insuffle au texte son énergie. Le Chœur Accentus se montre splendide; citons entre autres Pierre-Antoine Chaumien, Julien Neyer ou encore Vincent Eveno. Les duos sont à chaque fois merveilleux, avec Olivia Doray ou Enguerrand de Hys (Fritz) ou encore Vannina Santoni (Agnés). Quant à Marion Lebègue, elle incarne une nonne possédée et sensuelle. On frissonne de terreur et de plaisir sans savoir où porter notre regard, vers la chefe d’orchestre ou le plateau ? On rit à chaque apparition de Jodie Devos en Arthur travesti. Aux saluts, la salle enthousiaste explose. Elle décharge toute l’émotion sentimentale et esthétique. La nonne Sanglante par David Bobée est une expérience absolue.

Informations pratiques : le spectacle « La nonne sanglante de gounod » se joue encore les 8 (20h), 10 (15h), 12 (20h) et 14 juin (20h) 2018 salle Favart à l’Opéra Comique de Paris. Pour savoir tous les détails et effectuer votre réservation, c’est par ici.

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