[Critique] Les Heures sombres de Joe Wright

[Critique] Les Heures sombres de Joe Wright

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Un sujet passionnant, un acteur impressionnant, une mise en scène de haute volée. Si Les Heures sombres semble réunir les bons points pour décrocher récompense sur récompense, c’est avec une certaine réticence qui nous daignons nous installer devant le film de Joe Wright. La faute au déluge de biopics plus ou moins tapageurs, et ratés, qui déferlent sur nos écrans de cinéma ces dernières années. Et pourtant, durant plus de deux heures, l’envoûtement est total.

L’heure est grave. Hitler fait des ravages en Belgique et en France et se rapproche peu à peu du Royaume-Uni. L’invasion est imminente. Face à la mollesse de Neville Chamberlain, le Parlement décide de le congédier. Qui va avoir la lourde tâche d’occuper le poste empoisonné de Premier ministre en pleine débâcle des alliés ? Winston Churchill, politique bourru qui n’a pas la langue dans sa poche, est désigné à l’unanimité. Il va devoir faire face à la folie destructrice du Führer et jongler avec les magouilles des parlementaires.

Les Heures sombres, un récit passionnant, admirablement mis en scène

Avec une certaine maestria, Joe Wright nous entraîne sur les pas de Winston Churchill, figure incontournable de l’Histoire britannique qui prit à bras le corps les commandes du Royaume-Uni. L’image est sublime, les dialogues sont savoureux et le rythme ne laisse aucune chance au temps mort de s’immiscer sur l’échiquier. Pénétrer dans les coulisses du Parlement britannique se transforme ainsi en une aventure passionnante. Une plongée enivrante où petites magouilles et grands coups de gueule nous fascinent dans leur totalité. Brillant.

En revanche, nulle illusion possible : Les Heures sombres n’aurait pas eu la même aura sans cette interprétation magistrale de Gary Oldman. Mimiques irrésistibles, diction qui mâche les mots, démarche lourde… Grimé en Winston Churchill, ce virtuose de la métamorphose livre une de ses plus belles prestations. Celle qui lui vaudra sans doute un Oscar lors de la prochaine cérémonie. Au regard de cette performance, c’est tout le mal que nous lui souhaitons.

Les Heures sombres, un exercice de style délicieusement orchestré, qui ravira autant les férus d’histoire que les passionnés de cinéma.

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