Ludwig, ou les joies pures de la jeune création théâtrale !

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Des garçons maquillés et des paillettes. La Critiquerie s’est délectée du suspens haletant de cette pièce colorée, qui vient raconter avec panache la vie énigmatique de Ludwig II de de Bavière.

« Il faut grandir, c’est le seul remède. »

C’est à 19 ans en 1864 que Ludwig II accède au pouvoir, au grand dam de sa mère Marie de Hohenzollern. Dans une Allemagne divisée entre traditions et modernisme, le jeune Roi fantasque et sensible ne trouve aucun réconfort auprès de sa famille. Blessé pour toujours, le « roi perché » se réfugie dans ses passions solitaires. Et finit par s’inviter un autre monde. Mélomane, il aimait Wagner à la folie. Criblé de dettes, ce dernier profita bien sûr de la naïveté de son bienfaiteur. Le génie, la modernité, l’Amour impossible et le tabou des relations du petit roi avec des jeunes hommes sont les excellents ingrédients de la (vraie) légende du Roi Ludwig, que le jeune auteur Olivier Schmidt réinvente pour nous avec créativité.

« Je suis amoureux de l’Amour et j’ai décidé de le mettre en musique » – Ludwig

On aime les costumes sobres et élégants. On adore l’attirail tyrolien du petit page. Le texte puissant reste fluide malgré l’avalanche de beaux mots. On retient au vol « Le génie est un art ». La solitude et la souffrance du personnage enfantin de Ludwig sont plus que touchantes. La mise en scène audacieuse fait la part belle à une interprétation d’abord physique. Le texte vient habiller l’ensemble, sans jamais le plomber. On aime beaucoup le personnage de la mort, qui s’avance, imperturbable, telle la Reine Mab de Shakespeare dans  » Roméo et Juliette », qui serait cette fois douée de langage. Les magnifiques robes mettent diablement en valeur la beauté des deux comédiennes, qui passent de rôles en rôles avec aisance. Sans nul doute cette pièce va connaître plusieurs années d’exploitation, et trouver une scène plus grande pour pouvoir grandir et s’épanouir comme elle le mérite. L’équipe artistique réussit le pari fou de faire de l’histoire germanique du glamour lyrique, sans jamais tomber dans le pathos ou l’ennui. Bravo !

Auteur : Olivier Schmidt
Artistes : Julien Hammer, Rafael Vanister, Charlotte Moineau, Severine Wolff, Olivier Schmidt
Metteur en scène : Olivier Schmidt
Crédit photo : Franck Harscouët
Informations pratiques : Ludwig se joue jusqu’au 10 novembre 2017, les jeudis et vendredis à 19h30 au Théâtre La Croisée des Chemins. Ce petit théâtre de quartier se situe au 43 Rue Mathurin Régnier dans le quinzième arrondissement de Paris.

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