« Mère Teresa », un spectacle dansant entre l’icône et l’être de chair

« Mère Teresa », un spectacle dansant entre l’icône et l’être de chair

Un « Hôtel des deux mondes » esthétique et lyrique
« Le livre inouvert » nous emmène en voyage dans une intime introspection aussi belle que douloureuse
« En apesanteur », une pièce de théâtre délicieusement barrée

Bien sûr tout le monde aime et respecte Mère Teresa et son engagement incroyable pour l’humanité. Mais quelle personnalité craquelle sous le vernis de sa vie publique ? Quels traits de caractère, quelles pierres sur son chemin du sacerdoce à sa canonisation le 4 septembre 2016 par le pape François ?

Mère Teresa, une femme douée pour l’ombre comme pour la lumière.

De Mère Teresa, on retient bien-sûr son énergie incroyable. Son sourire et son fameux sari blanc à liséré bleu. L’uniforme de l’ordre des sœurs missionnaires de la Charité, qu’elle fonda en 1950. Les pommettes rebondies et les yeux perçants, la comédienne Catherine Salviat raconte tendrement Mère Teresa. Se dessine avec sobriété une petite fille curieuse, qui découvre l’étendue de son monde sur un globe terrestre, avec son père qu’elle perdra à sept ans. Une petite fille bientôt « happée par Dieu à 12 ans, pour se mettre au service des plus pauvres ». « C’est quoi une sainte, on l’imagine comment ? » se demande celle tombée « tendrement, follement amoureuse de Jésus ». En fil rouge de ce destin unique, l’Amour et le don de soi, pour les autres, toujours. « Aimer aura été l’évidence de ma vie ».

« Le ballet des jours balaye les décombres » – Mère Teresa

Il n’est ici pas question de résumer une vie en une heure sur scène. Le spectacle « Mère Teresa, ombre et lumière », fait la part belle au texte chantant de Joëlle Fossier, qui rebondit d’idée en anecdote, humanisant « la star » de l’humanitaire. Se révèle une Mère Teresa volubile, très exigeante avec ses pairs. Infiniment douce avec celui qui souffre. Son Amour pour l’Inde, son pays d’adoption. Sa tendresse pour les plus pauvres et son pari incroyable. Des images et vidéos colorées de l’Inde sont projetées sur un drap. C’est comme si Mère Teresa revoyait son Inde en notre compagnie. Une impression touchante. « Mon élément à moi, c’est la misère. C’est mon combat. (…) La demi-mesure n’est pas ma mesure ». Bien que le spectacle soit en rodage, on apprécie le sens du tempo, la douceur et les yeux pétillants de la comédienne Catherine Salviat, sociétaire honoraire de la comédie française. Son interprétation rafraichissante arrive même à faire passer l’inquiétude, sous l’énergie colossale de son personnage. Dans une belle scénographie, le propos, le combat et l’espoir de ce grand Soldat de l’Eglise sont aujourd’hui toujours actuels. On aimerait prolonger cette sobre rencontre avec cette femme si inspirante, qui nous rappelle la souffrance et les mains des miséreux qui se tendent ici et partout.

Auteur : Joëlle Fossier

Artistes : Catherine Salviat

Metteur en scène : Pascal Vitiello, assisté de François Rauch de Roberty

Lumières : Mathieu Nenny

Vidéo : Bruno Baccheschi

Costume : Brigitte Demouzon

Production : Compagnie Pan Théâtre

Crédit photo : LOT

Informations pratiques : « Mère Teresa, Ombre et Lumière » se joue du 23 août au 4 novembre 2017, à 19h du mardi au samedi au Théâtre Le Lucernaire, 53 Rue Notre-Dame-Des-Champs dans le sixième arrondissement de Paris. Un théâtre mais aussi un cinéma, une bibliothèque, une école de théâtre, un bar et un restaurant !

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