« Le renard envieux qui me ronge le ventre », la nouvelle pépite de la Cie des entichés !

« Le renard envieux qui me ronge le ventre », la nouvelle pépite de la Cie des entichés !

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Après l’excellent Provisoire(s), cette nouvelle pièce vient nous raconter des histoires qui ont en commun le ressort social clivant des relations hommes-femmes. Dans la cacophonie des normes sociétales, les genres se mélangent et s’opposent. L’incompréhension est partout. Chacun s’interroge, sur scène ou dans le public, et la meilleur réponse est parfois le silence pour entamer une réflexion intérieure sur nos propres renards… 

De l’impossibilité de se définir en dehors du conditionnement relatif à notre genre 

Le titre original de cette pièce vient de la célèbre anecdote de Plutarque sur l’éducation des enfants spartiates, « l’Enfant au renard ». La compagnie des entichés a le chic pour créer et assoir des atmosphères en un rien de temps, tout en conservant le fil varié de l’émotion et de la réflexion. Le jeu des cinq comédiens, toujours très physique, est gorgé d’émotions sur le fil du rasoir. Des interludes entre les scènes viennent nous amuser, tel « l’interlude sexy ». Et la musique moderne rythmée, créée pour l’occasion par l’artiste KORFAL, réveille nos neurones. Les visages des comédiens, très expressifs, expriment beaucoup de sincérité.  L’avenir de notre société, c’est les enfants. Alors les jeux d’enfants sont une opportunité logique pour évoquer les rapports hommes-femmes, à l’heure du raz-de-marée en France du hashtag “Balance ton porc” sur les médias sociaux. Tout se termine mal et bruyamment pour les personnages enfermés dans un déni permanent. Un jeu d’enfant se solde par la violence d’une petite fille, qui se justifie ainsi : »C’est toujours les princes qui gagnent ». Le premier baiser d’une adolescente se termine par la violence morale. « T’es vraiment une allumeuse ! » lance le garçon. Dans un autre tableau, deux parents expliquent la puberté à leur fille mortifiée. « Les filles et les garçon, on n’est pas pareils. » commencent-ils très gênés, avant de se quereller énergiquement devant leur enfant.

La Cie des entichés est la formidable chef d’orchestre de l’élastique de l’énergie humaine, le miroir de nos nerfs

L’écriture de plateau a ceci de magique que le texte prend le temps de vivre sur scène, répétition après répétition. Sur scène, le silence a sa place, de sorte que le spectateurs se voit traverser par ses propres émotions et questionnements intérieurs. On aime la simplicité et la fraicheur des procédés de mise en scène. Un simple pull se noue sur les épaules d’un des comédiens, et c’est un nouveau jeune homme bourgeois qui apparaît. Un paravent éclairé devient l’antichambre secrète, où les personnages lâchent enfin leurs émotions et leurs pulsions, qu’ils s’attachent à cacher le reste du temps. L’équipe artistique laisse le temps au corps de prendre le relais et s’exprimer, exploser. On adore les voix intérieures figurées par un trio au fond de la scène. Elles oscillent du réconfort aux reproches, elles nous foutent les boules ou nous endorment…Ce spectacle surprenant et profond est à découvrir les 8 et 9 février 2018 à 20h au Centre d’animation Les Halles-Le Marais.

Note d’intention

La mise en scène repose sur des jeux de mises en parallèle, de paradoxes par des alternances entre le registre grave et le registre léger, entre la mimétique et le refus. Cela participe de l’illustration du trouble identitaire des personnages et de l’aliénation que ces modèles transmettent chez les hommes et les femmes. Tous les personnages suivent un parcours identitaire similaire : comment, d’abord victimes de certaines normes sociales, ils se sont transformés eux-mêmes en bourreaux.

Durée : 95 minutes

Compagnie : Cie Les Entichés

Écriture et mise en scène : Millie Duyé

Interprété par : Thomas Bouyou, Mélanie Charvy, Émilie Crubezy, Charles Dunnet, Loris Reynaert

Création lumières : Tanguy Gauchet

Musique : Korfall

Création chorégraphique : Clément Victor

Réalisation décors : Marion Dossikian

Aide à la dramaturgie : Romain Picquart 

Public : dès 15 ans

Crédit photo : Sixtine Leroy

 

 La Cie Les Entichés

Née de la rencontre entre Mélanie Charvy et Paul-Antoine Veillon, la compagnie a été créée en 2013. Au coeur de chaque spectacle : l’écriture contemporaine autour d’auteurs vivants, l’engagement artistique à travers une réflexion sur des questions actuelles de société et l’ouverture culturelle pour tous en amenant le théâtre dans d’autres lieux afin de permettre au public défavorisé d’avoir un accès à la culture.

https://www.cielesentiches.com/

Informations pratiques : la pièce « Le renard qui me ronge le ventre » est programmée les 8 et 9 février 2018 à 20h au Centre d’animation Les Halles-Le Marais 8 Rue Montmartre, dans le premier arrondissement de Paris.

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