« King Kong Théorie » d’Emilie Charriot à la Maison des Métallos

« King Kong Théorie » d’Emilie Charriot à la Maison des Métallos

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En 2006, l’écrivaine sulfureuse Virginie Despentes publie un essai brûlant aux éditions Grasset, King Kong Théorie. Dans celui-ci, celle qui a délicieusement cloué le bec aux bien-pensants avec Baise-moi revient non seulement sur son propre viol mais, de manière plus générale, sur la condition de la femme dans une société qui n’a de cesse de la rabaisser. Des années après sa publication, la metteur en scène Emilie Charriot décide de l’adapter sur les planches de la Maison des Métallos à Paris.

On admire l’univers de Virginie Despentes, un peu trop d’ailleurs pour réellement apprécier la pièce qui se joue devant nos yeux

Inutile de tourner autour du pot, King Kong Théorie ne nous a pas emballés. Nous avons même trouvé le temps particulièrement long durant la représentation. La faute à une mise en scène trop minimaliste à notre goût (les comédiennes restent le plus souvent droites comme des i) et des voix monotones plus soporifiques qu’entraînantes. Dommage.

Que nous soyons captivés par les oeuvres de Virginie Despentes ou restions totalement hermétiques à son univers, une chose reste inaltérable : chaque choix de mot, chaque formulation témoignent d’une rage intérieure, d’une colère qui ne semblent jamais vouloir quitter l’écrivaine de Vernon Subutex. C’est ce que nous espérions voir à la Maison des Métallos. Une fragilité à fleur de peau parsemée d’éclairs de colère aussi brusques que dévastateurs pour soi-même et son entourage. A la place, Emilie Charriot a fait le choix d’une récitation scolaire du texte de King Kong Théorie. Pour celles et ceux qui l’ont déjà lu, c’est la douche froide.

Informations complémentaires sur la pièce :

D’après King Kong Théorie de Virginie Despentes
Mise en scène : Émilie Charriot
Interprétations : Julia Perazzini, Géraldine Chollet
Regard dramaturgique : Igor Cardellini
Regards extérieurs : Piera Honegger, Delphine Rosay
Création lumières et régie : Yan Godat
Film et collaboration artistique : Valérianne Poidevin
Production : Compagnie Émilie Charriot

En bonus, la chronique de Juliette Arnaud sur King Kong Théorie, l’essai de Virginie Despentes

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